Vanoise

Vanoise
Au Col Rouge

jeudi 23 juin 2011

R9
Ce matin, pluie sur le POREZEN  / 1630 m et de gros problèmes d'ampoules. Ce sera donc une journée de repos forcé... encore que !
J'en profite pour rester en tongues et soigner les pieds ! Contrairement à la journée précédente, il y a de l'animation au refuge car aujourd'hui se déroule une compétition qui entre dans un challenge mondial des courses et marathons de montagne. Dès 8 heures du matin, grosse ambiance avec arrivée des services de sécurité, de police et l'installation d'un ravitaillement pour les coureurs  !
Au programme 2800 m de dénivelé positif...
Les accordéons se mettent en place, les bières et Schnaps sont sorties des sacs et la fête commence. La pluie, bien élevée, prend congé mais laisse un vent froid. Je suis toujours en tongues !
Le temps a l'air de s'améliorer et je descends à PETROVO BRDO / 803 m où se trouve une auberge susceptible de m'héberger pour la nuit. Il y a de la place et je rencontre un couple de Belges flammands qui vont jusqu'à INNSBRUCK également par la VIA ALPINA.
Le matin, gros orages... je propose un itinéraire modifié afin de ne pas perdre la journée. Nous partons donc pour le Mont VRH BACE, avec transport en 4x4 !
Surprise, la neige est au rendez-vous ! Et recouvre une partie de la trace.
La montée au CRNA PRST / 1844 m est un parcours sur des arêtes, en partie au-dessus de la forêt, suivant des croupes herbeuse... Le problème est la pluie glacée qui tombe en rafale et surtout un vent tourbillonnant qui soulève et déplace la cape de pluie... sale temps aussi pour le sac qui se mouille en peu de temps ! Manifestement j'ai encore des progrès à faire ... 
Pas d'hésitation, je m'abrite sous un sapin pour remettre le tout en place et en profite également pour enfiler un surpantalon de pluie... La marche se poursuit dans une forêt de melèzes et sur un sentier pierreux sous le regard de sombres parois rocheuses. L'endroit est vraiment sinistre et le "feulement rauque" et répété d'un lynx termine le tableau.
Ouf ! après un raide et dernier couloir dans la pierraille, j'arrive au KOCA DOM ZORKA JELINCICA / 1835 m.
Au cours de la montée, malgré la pluie et le vent, j'ai aperçu de magnifiques Ancolies des Alpes et autres Trolles.
Avec cette journée, au cours de laquelle, j'ai vu les premiers mélèzes, j'arrive dans le Parc National du TRIGLAV, renommé pour ses fleurs et plantes Alpines. Aujourd'hui compte tenu de la météo je n'ai pas voulu poursuivre sur les arêtes.


R8
Après une bonne douche et une bonne nuit dans un refuge désert, le petit déjeuner est pris tôt. C'est le départ pour Le Mont POREZEN / 1630 m et le refuge DOM ANDREJA ZVANA BORISA / 1590 m...!
D'abord trajet en voiture pour la pharmacie de CERKNO auprès de laquelle j'achète alcool et pommade. Aujourd'hui c'est pour soigner et désinfecter l'ongle incarné... puis départ pour POLJANE où je retrouve l'itinéraire de la Via Alpina, mais toujours en tongues !
Quelques soins aux pieds, j'enfile péniblement les chaussures et c'est à nouveau le départ pour une nouvelle et longue marche solitaire. Le sentier part droit dans la forêt et longe un torrent, presque une cascade. Pour grimper sec, ça grimpe sec et les pieds continuent de me faire souffrir. Mais je n'ai pas le choix, il faut avancer !
Le cheminement n'est pas des plus aisés car des bûcherons ont encombré la sente avec de nombreuses branches issues de l'abattage de hêtres ! Le temps est lourd et la trace désertée par les randonneurs. Comme les jours précedents, je ne croiserai personne.
Une petite hésitation vite corrigée par un coup d'oeil sur la carte et me voilà sur les contreforts du POREZEN. Pour la première fois depuis le départ, j'effectue un parcours sur une crête avec des espaces dégagés... Ca change des hêtres et autres sapins ! j'arrive à un premier col. Il y a quelques troupeaux et des chalets d'alpage mais toujours personne. Je traverse quelques bosquets aux arbres rabougris comme s'ils étaient marqués à jamais par le vent et les difficiles conditions climatiques. 
Avec le temps médiocre qui s'installe et le vent qui se lève l'endroit devient austère et presque sinistre malgré les nombreux lys martagon et lys orangé... c'est l'époque de la floraison et les environs sont couverts de fleurs.
Dernière montée sur les flancs du POREZEN et j'arrive au  refuge. C'est un ancien poste militaire. Le rez-de-chaussée est en béton et un niveau en bois a été créé pour aménager des dortoirs. J'aime cette odeur du bois qui recouvre les parois ! Il faut au moins ça pour dissiper cette ambiance froide et silencieuse... avec le vent qui souffle maintenant très fort, la brume qui recouvre le paysage et isole le refuge, je suis en plein remake de SHINNING. Dans une telle ambiance, même la douche flanquée au fond d'un vaste espace froid et humide paraît incongrue. En effet, le refuge a très peu de réserves d'eau et elle manque très souvent à la fin de l'été. 
Le gardien, très sympathique fait ce qu'il peut pour m'accueillir correctement et animer l'endroit. En fin d'après midi, deux personnes sont arrivées pour renforcer l'équipe du refuge, préparer des repas et des gâteaux. En effet, une course pédestre internationale est prévue pour demain et un poste de ravitaillement sera installé sur la terrasse, devant le refuge. Cela devrait changer l'ambiance, s'il ne pleut pas !
Après avoir jeté un coup d'oeil à la cuisine et plus particulièrement à la préparation d'un Apfelstrudel, je prends le repas du soir, seul, au fond de la grande salle chauffée... Atmosphère très particulière !
J'en oublie le menu : saucisse fumée avec un ragoût de choux émincé et de petits haricots rouges  !
Nuit à la hauteur de l'endroit... vent qui siffle, huisseries qui laissent entrer le froid et le vent. Et pour terminer une bosse gagnée contre le lit du dessus pour récupérer une couverture ne tenant pas sa place !

R7
Ce matin grand beau. Départ un peu tardif du gîte... mais il y avait de très bonnes raisons ! D'abord le petit déjeuner, puis la possibilité d'utiliser Viber et la téléphonie sur I.P. grâce à la très bonne qualité du Réseau Wifi de l'auberge...
Je peux ainsi passer quelques coups de fil en France. Pendant ce temps le linge finit de sécher sur le balcon !
Départ de LEDINE pour HERMANOVEC et le KOCA NA ERMANOVCU... Il fait très beau et c'est vraiment un plaisir et une découverte à chaque contour du chemin : les travaux des champs battent leur plein et en particulier la fenaison des prés... l'odeur du foin coupé envahit le paysage !
Au bocage succèdent désormais des reliefs beaucoup plus marqués avec les verts des prés qui se détachent sur le noir des forêts et le toit rouge des grosses fermes isolées qui forment l'essentiel de l'habitat... harmonie des couleurs d'un jour sur la Terre avec les brumes et lumière de fin de journée !
Je reviens à des considérations moins inspirées quand, à l'intersection de plusieurs chemins, la Via Alpina se fait alors mince trace en lisière de bois... et se termine en haut d'un pré ! Il me faut vraiment être attentif pour retrouver la trace perdue et ne pas passer la soirée dans les bois !
Je longe la lisière et arrive à proximité d'un poste de chasse puis d'une cabane écroulée pour retrouver la mince trace dans les herbes... Mauvais présage, elles sont dans les deux sens ! Quelqu'un s'est égaré avant moi.
Je remonte ce grand pré, puis le redescend à nouveau. Alors, imaginant le bon itinéraire suivant les courbes de niveau... je  retrouve un chemin et le balisage environ 150 mètres plus loin dans les bois... Je flaire la négligence de bûcherons qui ont abattu des arbres situés au bas du grand pré, effaçant ainsi tout repère !
Un coup d'oeil sur une carte pour m'apercevoir qu'aujourd'hui le tracé suit à peu près une ligne de haute tension... ce sera mon fil d'Ariane !
Je passe au sommet du BEVKOV VRH  puis me retrouve à la partie supérieure d'un immense champ en train d'être fauché ! Il n'y a même plus de traces dans l'herbe, tout a été effacé par le grand coup de tondeuse ! Pas rancunier, je salue le couple de paysans affairés autour de grandes "balles" de foin.
Un coup d'oeil aux alentours et je retrouve la ligne électrique passant à proximité d'une petite chapelle vers laquelle je me dirige volontiers... les Saints veulent rarement du mal aux voyageurs ! Je retrouve une flèche pointant l'horizon " c'est par là que tu dois aller si tu veux dormir ! ".
J'essaie alors de trouver le bon chemin et surtout d'éviter le mauvais raccourci qui me fera perdre du temps ! N'hésitant pas à enjamber ou ramper sous des clôtures en pleine pente, je descends de grands prés en direction d'une importante ferme à proximité de laquelle je retrouve quelques balises. Courte remontée pour rejoindre KLADJE, hameau situé à une intersection de chemins et d'une route que je traverse comme noté sur une carte. C'est ensuite un long trajet pour remonter de 400 m de dénivelé et redescendre encore de 100 m. 
Nouvel et dernier arrêt pour retrouver le tracé, au bout du chemin au fond d'un champ. Le départ du sentier, légèrement en contrebas est masqué par des troncs récemment abattus et coupés. Avec un peu de chance le balisage était peint sur les arbres...
Dernier raccourci dans les bois, mais correctement noté sur la carte pour apercevoir des vestiges de fortifications et cantonnements de la première Guerre Mondiale...
Enfin le panneau indiquant la proximité du refuge PLANINSKA KOCA NA ERMANOVCU, grande maison qui a l'air bien déserte au bord du chemin. L'entrée est sur l'autre côté ! Ouf, la porte est ouverte... Ce soir encore, j'aurai un repas chaud, un lit dans le dortoir et avec un peu de chance une douche !
Ce soir je serai le seul occupant du refuge !
Les gardiens sont effarés de voir mes ampoules ! Deux sympathiques jeunes des environs proposent de me conduire demain matin à CERKNO pour compléter ma pharmacie et traiter le problème sérieusement !
En attendant... C'est l'heure le dîner et la soupe de Gulash préparée par les gardiens. Puis ils s'en vont et  me ferment à clefs à l'intérieur !

mercredi 15 juin 2011

R6
Les petits déjeuners se suivent et se ressemblent avec toujours le même appétit ! Ils sont copieux et permettent très souvent de préparer quelques sandwichs pour la pause de midi et attendre le dîner, autre vrai repas de la journée.
Depuis CRNI VRH et sur les conseils du "Boss" de l'hôtel, je m'autorise une petite variante avant de rejoindre l'itinéraire en direction d' IDRIJA. Dès le matin, je remarque qu'il y a toujours autant de difficultés à suivre correctement le balisage... surtout quand des poubelles de tri sélectif sont posées devant une rare balise à un important et significatif changement de direction  ! Par chance et pour cette fois-ci, je reste sur le bon itinéraire... Il n'en sera pas de même un peu plus loin, en descendant vers IDRIJA en pleine forêt d'épicéas !
La dernière partie de l'itinéraire se déroule dans les bois, sur des versants escarpés au-dessus de la rivière Idrija. Je rejoins une route, puis un peu plus loin emprunte un pont de bois pour traverser la rivière et continuer la descente, rive gauche. Le sentier conduit vers une mine de mercure désaffectée.
En effet d'importants gisements de mercure furent découverts à cet endroit dès le 15° Siècle. Selon la tradition locale, c'est un fabricant de seaux qui  trouva du mercure liquide dans une source près du village !
Aujourd'hui les mines sont fermées.
Arrivé à IDRIJA en fin de matinée je fais quelques emplettes : fruits, biscuits et surtout Compeed et tricosteril dans une pharmacie. De grosses ampoules, dont une "géante" bien gonflée et que n'arrive même pas à couvrir la plus grosse taille de ces compresses, ont fait leur apparition et  me font vraiment souffrir.
A cela s'ajoute un ongle incarné insuffisamment traité par une pédicure avant mon départ. Il est juste et important de dire et/ou rappeler que la randonnée c'est le pied !
IDRIJA étant une ville de fond de vallée où il fait lourd et très chaud... toujours le mercure ! Je décide de suivre la route. Après un nombre interminable de lacets j'arrive à LEDINE et trouve une auberge agréable, en haut du col, à LEDINSKO RAZPOTZE.
A peine arrivé sur la terrasse, je pose le sac, salue comme je peux et demande une chambre puis une bouteille d'eau minérale avant d'enfiler une paire de tongues... C'est le meilleur moment de la journée.
Tout renaît et tout revit ! Ce soir, je prends la décision de remplacer toutes ces compresses, COMPEED et autres par de l'ELASTOPLAST. Désormais c'est les ampoules ou moi... A suivre !
Au menu du dîner... Crudités et nouvelle assiette de IDRISKI ZLIKROFI... sans oublier une LASKO bien fraîche. C'est très bon et cela rassasie vraiment !
Soirée en terrasse avec les voisins venus, comme chaque soir, partager une bière. Ambiance très sympa, je reste à l'eau. Les discussions et échanges se poursuivent autour de la chasse et de l'ours Slovène. Un des buveurs en a chassé il y a de nombreuses années et son voisin en a croisé alors qu'il faisait du vélo sur une petite route des environs... Il n'a pas cherché à en savoir plus et est parti à grands coups de pédales...
Question : Que faire quand on n'a pas de vélo mais un gros sac de 14 kg ?
R5
Après un petit déjeuner très copieux : jambon cru, miel, fromage et apfelstrudel... service tiède, comme il se doit, départ de PREDJAMA sous un fin crachin... De toute façon il faut y aller ! Commence alors une longue marche solitaire dans de grandes hêtraies et à proximité de dolines. Je passe à proximité du Mont STRELISKI VRH et au Col de HRUSICA, important lieu de passage à l'époque Romaine. En fait le trajet est très vallonné et les dénivelés s'enchaînent jusqu'au refuge PIRNATOVA KOCA,( KOCA signifie refuge et KOCA COLA... abri de bus ! Je plaisante.)
Arrêt pour un rapide déjeuner préparé avec le pain et la charcuterie du petit déjeuner... C'est bon mais à peine suffisant. Je mangerai mieux ce soir !
Du lieu dit JAVORNIK où se trouve le refuge, fermé bien entendu, je me sens suffisamment en forme pour poursuivre et marcher jusqu'à IDRIJA. En fait, il en sera autrement suite à des absences de balisage. Encore des heures de perdues et des aller-retour multiples au milieu des champs et des bois pour enfin retrouver la bonne trace qui me conduira un peu plus loin, à CRNI VRH !
Après une longue descente dans les bois, je rejoins une route goudronnée à l'entrée du bourg. Dans le village, je trouve rapidement un hôtel... gostinia en Slovène. Une sympathique voisine, le bébé dans les bras,  m'informe que l'hôtel est fermé... elle décroche le téléphone pour  informer le " Boss" de mon arrivée....!
10/ 15 mn après je suis devant une assiette d'IDRISKI ZLIROFI, spécialité locale, deux délicieuses tranches de veau et une LASKO, bonne bière locale !
La qualité de l'accueil, la gentillesse et la disponibilité des Slovènes sont vraiment impressionnantes... Ce qui l'est aussi, c'est la présence et le nombre de ces auberges rurales. Un des points forts de la VIA ALPINA est d'ailleurs d'essayer de  favoriser cette économie rurale et de proximité. Alors s'il vous plait, avec tant de qualités faites un effort sur le balisage !



lundi 13 juin 2011

R4
Ce matin, intervention sur quelques grosses ampoules. Les pieds sont douloureux et j'ai quelques difficultés à mettre puis à lacer les chaussures... La journée risque d'ètre difficile pour ce premier important dénivelé de la VIA ALPINA qui doit me conduire au Mont NANOS.
Merci à toutes et tous : famille, copains et amis. Ce matin j'ai découvert de nombreux messages : étonnement, surprise et surtout de très nombreux encouragements venus de France !
Tous ces messages me vont droit au cœur... Vous êtes avec moi dans ces forêts, prairies et rochers... D'ailleurs vous avez été certainement trempés lors du violent orage de l'après midi en arrivant à STRANE... Le temps de chercher puis de réussir à enfiler la cape de pluie, et c'est fait !
La journée commence par une montée raide et difficile au Mont Nanos... Du Village de RAZDRTO / 575 m, je rejoins la base de la montagne toute hérissée d'antennes. Le sentier démarre droit dans la pente puis s'oriente nord-ouest. La montée est agréable dans les sous-bois mais parfois difficiles lors de passages de quelques ressauts rocheux cassants et glissants. A proximité de la Chapelle Sv. HIERONIM, Saint patron des traducteurs... il aurait traduit la bible en latin, je rejoins la crête herbeuse qui conduit au sommet, au pied des impressionnantes antennes et à proximité du refuge VOJKOVA KOCA NA NANOSU... Comme par hasard le refuge est fermé en ce chaud lundi ! Très peu de randonneurs autour du sommet, vaste plateau herbeux qui doit être, ou qui a dû être, un paradis pour les troupeaux de moutons !
Depuis le refuge construit dans une belle clairière, je me dirige plein nord pour traverser le plateau au travers de magnifiques espaces fleuris.
Quelques photos, un rapide casse-croûte et j'entame la descente versant nord-est. Je retrouve rapidement le couvert et le silence de ces immenses hêtraies slovènes après avoir eu le loisir d'approcher deux magnifiques chamois qui ont fini par déguerpir dans les rochers au-dessus de la trace.
La descente est pénible et la douleur des ampoules achève de mettre le moral en berne. Il ne manque que la pluie... Justement la voilà !
Je sors l'équipement "tout temps" et si j'arrive sans trop de difficultés à enfiler le pantalon de pluie, il n'en est pas de même avec la cape que je dois faire passer par dessus le sac ! J'avais fait quelques essais avant le départ et essayé de réfléchir à une méthode... C'était compter sans le vent tourbillonnant, la pluie qui pénètre mouille l'intérieur de la cape d'une couche "délicieusement froide et humide", le polo qui prend l'eau mais aussi mon impatience et ma colère ! Bref ça ne marche pas... ou trop tard !
C'est donc trempé, sous l'orage et un déluge de pluie que je traverse le Village de STRANE. Tout est en place pour se perdre une nouvelle fois...! Après de nombreux aller-retour dans le village et sur plusieurs chemins à la recherche d'un hypothétique balisage, je fais demi tour et finis par trouver un habitant qui me renseigne sur le bon itinéraire en direction de SMIHEL POD NANOSOM... Il m'explique en anglais que dans la journée il a renseigné un autre randonneur.
La trace est là bien à l'horizontale derrière une maison, au fond d'un lotissement. Un  balisage  rouge et blanc, à moitié recouvert de mousse, et peint sur le mur d'une vieille ferme rappelle très discrètement et modestement que je suis sur la VIA ALPINA  ! Que de temps perdu...
La fin du trajet se déroule au travers de champs et de chemins de la belle campagne slovène qui s'éclaire grâce à un timide soleil qui a chassé la pluie. Je traverse un dernier hameau... quelques passages dans les bois et je découvre enfin le magnifique château de PREDJAMA GRAD bien protégé et blotti dans un écrin de pierre au cœur et au creux d'une falaise... instant espéré et magique.
Je suis ailleurs et dans un autre temps... le château est entouré de petites maisons ; à ses pieds un autre hameau. L'ensemble présente une telle harmonie et sérénité qu'en fermant les yeux, avec le seul bruit du torrent, on s'imagine sans peine quelques siècles en arrière... rien n'a changé ou presque !
Ce château a une longue histoire de par sa situation...
Il a été rendu célèbre par un chevalier-brigand qui prit parti contre l’empereur autrichien Frederic III au 15° Siècle. En effet, le châtelain Erasme se battit aux côtés d'un roi de Hongrie qui fut décapité.  Erasme se vengea alors en tuant un proche de l’empereur d’Autriche. Poursuivi par les troupes impériales, le chevalier-brigand se réfugia dans son château réputé imprenable et résista pendant un an, assiégé par des troupes envoyées par l'empereur, profitant des nombreuses grottes attenantes au château de Predjama pour se ravitailler. Il fut finalement tué suite à une trahison. La légende dit qu’il repose sous la place de la localité de Predjama sous un imposant tilleul, toujours vivant, planté par sa fiancé.
Retour au quotidien... Je trouve un hébergement sur le chemin d’accès au château. Le mauvais temps a fait fuir les quelques touristes et il y a de la place à l'auberge ! Ce soir repas froid... le restaurant est fermé. 
Retour dans la chambre pour une nuit tranquille,  bercé par le bruit de l'eau. Les pieds sont couverts de pansements...

R3
Départ des grottes de SKOCJANSJE JAME... Je commence par perdre mon vieux bob !... pas question de l'abandonner ! Je refais le tour, remonte la trace. Le voilà dans l'herbe... Ainsi va le monde !
C'est dimanche et à part un car de touristes égarés et quelque peu dépités, l'entrée des grottes est étrangement calme... car elles sont fermées ! Je comptais traverser ces grottes et rejoindre directement l'itinéraire N°1... je vais devoir contourner le village et retrouver l'itinéraire de l'autre coté. Quelques maisons sont bâties entre deux gouffres et l'Histoire raconte que les envahisseurs Turcs ont perdu de nombreux soldats égarés puis tombés au fond de profondes dolines camouflées par des autochtones.
Le spectacle est vraiment impressionnant et  tout en bas j'aperçois le torrent qui jaillit au pied des falaises.
Je finis par rejoindre le sentier. Je suis attentif à rester sur la droite lors de la première bifurcation. Cette indication m'a été soufflée par des employés du Parc.
Direction RAZDRTO... un long et beau parcours dans les collines Slovènes. Des dolines, de très belles hêtraies et de vastes étendues herbeuses. Je passe en extrémité ouest du petit aérodrome de GABRK après avoir traversé sous des lignes à haute tension. Un passage dans une galerie sous une voie ferrée me fait plier en deux dans tous les sens du terme. La voûte est à un 1m30 du sol et il faut passer avec un gros sac. Alors on s'accroupit... encore, encore ! Je continue à suivre le tracé puis je perds la trace dans la forêt devant un énorme dépôt de fumier... Je ne suis pas assez attentif au balisage peint sur des poteaux électriques... Je reviens en arrière et retrouve le tracé sans difficulté pour arriver au hameau de GABRCE. Je continue en longeant  une route jusqu'à SENOZECE. Le village paraît abandonné, un bel immeuble était autrefois un hôtel ! C'est dimanche et même le bar est fermé.  
Je décide de prendre mon repas sur un banc au centre du village... J'ai l'impression d'être un peu surveillé par les quelques habitants qui circulent ! Je reprends rapidement le tracé depuis l'église et le cimetière. Le balisage est bien indiqué et l'itinéraire facile à suivre dans ces vastes forêts de hêtres où je ne rencontre pas âme qui vive. Le temps est orageux et je trouve parfois qu'elles sont bien sombres !
Mon attention est attirée par une fourmilière complètement saccagée et par de nombreuses traces. J'ai l'explication le soir quand arrivé au gîte de RAZDRTO à la Penzion MIRJAM, j'apprends que je suis dans une région où vivent les ours ! La veille trois oursons et une ourse ont été vus au milieu de l'après midi aux abords du village. En cette période de l'année, les ourses sont plutôt agressives ! Je reçois trois recommandations : ne pas faire de gestes brusques, ne pas fuir ni tourner le dos mais regarder droit dans les yeux... Facile !!!  
L'accueil est chaleureux, presque amical... Une Française travaillant dans l'établissement et mariée à un Slovène est rappelée en renfort pour les traductions. J'ai à peine le temps de finir une pizza et une bière que des Slovènes m'invitent dans leur maison de l'autre côté de la route. La soirée se termine devant quelques  bouteilles de Teran et de la charcuterie ! Tradition d'hospitalité bien appréciée que je ne peux refuser et qui complète bien la pizza. Par contre mes voisins de table ont quelques sérieuses difficultés à se lever !  Je rentre à l'hôtel sous la pluie.
Ce soir j'ai trouvé le sac bien lourd et les premières ampoules apparaissent. Demain montée au Mont NANOS / 1240 m.