Vanoise

Vanoise
Au Col Rouge

mardi 19 juillet 2011

R38
Il pleut depuis hier au soir ! La TV de la réception de l'Hotel passe en boucle des images d'alpage dans le brouillard ou sous la neige ...C'est une particularité en  Autriche et ça ne donne vraiment pas  envie de partir ! Après un solide petit déjeuner sous forme d'un impressionnant buffet, je quitte FINKENBERG sous la pluie et sors directement de l'hôtel avec mon équipement "Tout temps ".
Je passe à côté du "pont du diable " vieux pont de bois couvert qui relie les deux parties du village au dessus d'un étroit ravin, et qui fait l'objet d'une légende locale. Direction ASTEGG puis GSCHÖSSWANDHAU / 1762 m, véritable nid d'aigle au dessus de la vallée de ZILLERTAL et de MAYRHOFEN... le problème est le brouillard et l'eau... Je ne vois rien et les vêtements de pluie n'ajoutent rien au confort ! Le seul point positif est d'avancer sur une route goudronnée puis en gravier... Mais finalement ce sera quand même un  sentier! Sale temps pour les chaussures.
Au travers des nuages, j'aperçois parfois la neige sur les autres versants. Je ne dois pas en être loin !
Après une longue montée bien humide, j'arrive sur un vague plateau d'alpage où se trouvent vieux chalets, restaurants fermés, télécabines en fonctionnement et engins de terrassement en action...
Passant sous les câbles du PENKEN EXPRESS, télécabine largement dimensionné, je poursuis en direction du GSCHÖSSWANDHAUS, en fait un restaurant bien situé... et fermé. Il fait froid et il pleut.
Je cherche la suite... Aucun balisage ou panneau concernant le sentier N24 !
Des travaux de terrassement, avec présence de remblais ont enlevé le fléchage et effacé les traces du sentier. C'est par hasard que j'aperçois le logo VIA ALPINA cloué sur un arbre, au fond d'un replat. Je vais vérifier et retrouve la trace... C'est tout bon, le balisage est bien là !
Dans la forêt, je suis attentif à ne pas glisser sur une pierre ou une racine !
Il y a beaucoup de flaques d'eau et de boue sur le sentier... Difficile de bien avancer dans ces conditions.
Je n'arrête pas d'enlever et / ou remettre l'équipement "pluie". J'en ai un peu marre !
Finalement le sentier N24 rejoint un chemin forestier qui contourne une combe et que je remonte... il y aura moins d'herbes mouillées !
Trois VTT me croisent à vive allure... je vais me retrouver sur un guidon !
A plusieurs reprises je passe à proximité d'installations de remontées mécaniques ou sous des câbles de télésièges... Le domaine skiable paraît vaste et regroupe plusieurs villages ou bourgs de la ZILLERTAL, dont MAYRHOFEN.
Après quelques passages de clôtures, je m'imagine spectateur de la scène !, puis une petite remontée au milieu des prés, je rejoins une route goudronnée qui descend en grands lacets... Enfin je remonte vers le village de MÖSL. Tout est trempé et je décide d'en rester là pour ce soir. Je trouve un hébergement et mets un peu de chauffage pour sécher les vêtements.
L'endroit est très beau, le village est au fond d'une vallée latérale à la ZILLERTAL, mais ce soir il est dans la brume !

lundi 18 juillet 2011

R37
 Dès le matin un vent violent et chaud souffle dans la vallée du ZILLERTAL... et apporte de gros nuages noirs. Pressés, les fermiers rentrent les foins, y compris dans des pentes impossibles ! En fait, ils le font rouler ou glisser jusqu'au bas de la pente.
Question : comment ont-ils fauché ?
Aujourd'hui, journée plus calme... C'est une randonnée / étape dans la ZILLERTAL. Vallée glaciaire étroite et sauvage entourée de hauts sommets, en parfaite opposition avec la haute vallée large et ensoleillée. Il y a quelques lignes de haute tension et donc de beaux pylônes, normal il y a un barrage plus à l'amont ! Au moins un qui turbine...
Et puis, il faut bien de l'électricité pour traire toutes ces vaches et accessoirement réduire tant soit peu la fonte des glaciers en luttant contre l'effet de serre. L'énergie hydro-électrique y participe !
Plus sérieusement, je quitte GINZLING dans la matinée. Le tracé suit la rive gauche du ZEMMBACH et circule au travers de prairies où il y a parfois d'énormes rochers. Après être passé devant le Gasthaus KARLSTEG, j'ai un moment d'hésitation. En effet, le Topo précise de traverser la route puis le ZEMMBACH !
Or, traverser le lit d'une rivière à l'aval d'un barrage n'est pas forcément recommandé ! C'est pourtant ce que je fais pour rechercher une trace sur l'autre rive !
En réalité, il faut traverser la route, puis atteindre l'autre côté en restant sur la dite route ! Actuellement, c'est un chantier ! Il fait un peu désordre.
De gros travaux rendent peu visibles les panneaux et surtout ont pour conséquence la fermeture de la voie montante ! Un cheminement piéton sécurisé est mis en place pendant ces travaux.
Je retrouve le balisage et avance rapidement dans les bois. Un rocher fera office de siège ; je mange mes deux sandwichs et j'observe un fermier en train de rentrer les foins... impressionnant d'adaptation et d'efficacité !
Puis je reprends la direction de FINKENBERG, village d'alpinistes et de guides, que j'atteins rapidement... Avant la pluie !
Il n'est pas toujours évident de trouver un hébergement bien adapté en pleine saison. En dehors des refuges, ou c'est le cas quasi général, j'arrive à la réception de l'hôtel, sac sur le dos et bâtons de marche dans une main pour demander une chambre ! Jamais de remarques ou d'étonnement... La randonnée est ici une telle pratique courante !
Finalement je trouve un GASTHOF un peu chicos ! Petit lit et douche... mais avec balcon. Cela fera l'affaire pour la nuit... surtout le balcon !
Ce soir, comme d'habitude, je dîne en tongues !
Dehors, il y a une bonne odeur de foin coupé !

dimanche 17 juillet 2011

R36
Je quitte le village de STEIN en direction du PFITSCHERJOCH / 2275 m. Ce col marque également  la frontière italo-autrichienne.
Sur le haut du village, j'observe les travaux de fenaison et l'utilisation de matériels bien adaptés au relief : moto-faucheuses accompagnées et tracteurs surbaissés.
Il fait beau, mais il a plu dans la soirée et dans la nuit !
Le dénivelé est de 700 / 800 m jusqu'au col. Le tracé est agréable malgré la présence fréquente d'eau de ruissellement sur le sentier.
J'arrive au col et passe au refuge. C'est un grand bâtiment adapté aux nombres de visiteurs qui montent depuis l'Autriche, y compris en VTT... Le bar fonctionne en libre-service !
La descente de la vallée ZAMSER GRUND sur le versant autrichien est magnifique... la haute vallée s'étire en longueur pour le plus grand bonheur du photographe : cascades, ruisseaux, sources et magnifiques arolles.
La vue des glaciers est moins réjouissante... ils étirent mollement leur langue et laissent apparaître de vilaines et grises moraines ou encore la roche sous-jacente. Triste spectacle. Les vaches en détournent la tête !
Je croise deux anglais cyclotouristes qui vont à VENISE à vélo ! Ils veulent traverser le PFITSCHERJOCH et rejoindre le versant italien... Ils avancent vélo par vélo, les poussent à deux ou plutôt les hissent sur ces sentiers rocailleux... Spectacle étonnant ! Nous échangeons quelques mots sur notre quotidien et nos modes de déplacement... Sourires !
Les nombreux randonneurs et visiteurs arrivent essentiellement de parkings situés à proximité d'un barrage où se trouve également le refuge, DOMINIKUSHÜTTE / 1805 m.…
En dessous, la vallée se resserre... Et c'est un changement total de décor ! d'abord parce que l'immense voûte du barrage marque le paysage, mais aussi à cause de la pluie ! Elle s'est invitée une nouvelle fois sous la forme de grosses averses venues de l'autre coté de la frontière  !
Panique sur les parkings et les sentiers !
Je continue la descente par le sentier jusqu'au GASTHOF BREITLAHNER... Hôtel complet. C'est la pleine saison dans la région et il faut descendre plus bas dans la vallée, du coté de GINZLING ou MAYRHOFEN ! Je prends le premier bus et trouve finalement, sans trop de difficulté un hébergement à quelques kilomètres de là, à GINZLING ! 
Voilà qui promet pour la suite !

samedi 16 juillet 2011

R35
Dans l'étape précédente... je m'étais étonné d'écarts d'altitude. J'ai l'explication... DUN est un hameau de la commune de PFUNDERS et les altitudes n'ont rien à voir !
Par ailleurs à DUN, il n'y a pratiquement pas d'hébergement ! Il y a qu'une auberge à PFUNDERS, plus quelques possibilités chez l'habitant !
Enfin, le balisage n'est pas fiable ! Je confirme la nécessité d'avoir une carte topographique afin de trouver le bon cheminement... Pour autant, l'endroit est magnifique.
Départ retardé à cause du brouillard qui tarde à se dissiper. La décision est prise... Malgré le risque d'orage, je vais essayer de passer le col de GLIEDERSCHARTE / 2644 m... choix facilité par le fait qu'il y aurait des possibilités d'hébergement à l'Alpage ENGBERGALM ! Ce qui s'avèrera complètement faux !
Le tracé emprunte une piste qui démarre à DUN, longe longuement un torrent puis bifurque pour aller vers les chalets. Une famille est à l'ouvrage : fabrication du fromage, surveillance des troupeaux, le tout dans des conditions de vie qui paraissent difficiles et rudes ! Après l'Alpage, je remonte, sur un sentier récemment aménagé jusqu'à un beau lac en restant attentif au balisage. Puis, suivant les cairns,  j'atteins facilement le col de GLIEDERSCHARTE. Le brouillard m'attend sur l'autre versant ! Pause déjeuner, quelques photos et je repars pour une longue descente. Au loin, je distingue un bout de glacier... je suis au niveau des nuages ! Ce n'est pas bon signe.
J'effectue cette  descente prudemment... Certains passages sont relativement exposés... en particulier des endroits étroits dans les pentes herbeuses et mouillées, sont à négocier avec un minimum de prudence !
Je ne dois pas être le seul... Les rhododendrons et autres petits arbustes en bordure du sentier servent à s'équilibrer et à s'assurer... ils sont soumis à rude épreuve et dans ces conditions particulières ne grandiront jamais !... Dolce vita !
Des aménagements sont prévus... Tant mieux !
Heureusement cette situation ne dure pas et se normalise.
Je suis accompagné par les sifflements des marmottes, nombreuses dans le secteur et qui ont pris un malin plaisir à creuser leurs trous quasiment sur le sentier... autre risque bien réel, caché par de hautes herbes !
L'orage gronde avec ses premières gouttes !... Au bas de la vallée, je bifurque vers STEIN.  J'arrive au Gasthof où j'avais téléphoné au préalable. Il se met à pleuvoir !

vendredi 15 juillet 2011

R34
Un 14 Juillet très arrosé ! Gros orages dans la nuit au CHEMNITZER HÜTTE... avec de fortes bourrasques de vent !
Le refuge et en particulier les tôles du toit sont secouées de manière impressionnante. Dans la nuit la fenêtre du dortoir, certainement mal fermée, s'ouvre brutalement et mes affaires personnelles, posées sur le rebord, s'éparpillent dans la pièce et sous les couchettes !
Un point positif... ma montre altimètre qui a une fâcheuse habitude à s'autogérer, avait décidé il y a quelques jours de me donner l'altitude en pieds ! La chute depuis le rebord de la fenêtre l'a remise dans le droit chemin... J'ai donc à nouveau de vrais informations altimétriques... mais jusqu'à quand ?
Au matin, j'arrive àtout retrouver !
Que faire avec ce temps pluvieux ? Je décide de partir mais en empruntant une variante de la VIA ALPINA... A partir du col de NEVESJOCH / 2405 m, ou se situe le refuge, descendre au pied du cirque glaciaire, à proximité d'un lac, environ 1800 m, puis remonter un vallon glaciaire jusqu'au refuge EDELRAUTHUTTE / 2545 m... C'est encore du dénivelé, mais l'intérêt est de limiter le risque d'orage...
Par ailleurs, le gardien du refuge me conseille vivement cette solution !
Et c'est parti... Il pleut déjà ! Je m'équipe avec mon équipement "tout temps".
Tout au long de la journée, je passerai ainsi de longues minutes à m'adapter aux averses et éclaircies... pas simple et énervant surtout quand il faut remettre un équipement humide ou mouillé !
J'arrive sous l'averse à EDELRAUTHUTTE... je note mon passage sur le livre du refuge. Je m'assois à une table, commande une soupe et mange mes deux sandwiches...
Je repars en direction de PFUNDERS sous la pluie et le vent et pour plus de 1000 mètres de descente !
Dans un premier temps tout de passe bien , mais bientôt le chemin... ou plutôt la trace remonte par un étroit sentier jusqu'à un col pour redescendre dans un vallon encaissé, très raide et manifestement très peu fréquenté !... Puis plus de sentier mais quelques vagues traces... et une clôture d'alpage avec une "porte "... logiquement je la franchis et continue à descendre vers le fond du vallon. Nouvelles traces vers un chalet, manifestement à l'abandon. Je croise un chemin d'alpage et décide de le suivre... traversée de torrent puis arrivée à une ferme... je suis à 5 Km de PFUNDERS !
Je suis la route, prends des raccourcis pour couper les virages... quand c'est possible car les pentes sont très raides !
Grosse surprise ! Le village de PFUNDERS indiqué à 1468 m sur le Topo de la VIA ALPINA est en fait à 1146 m...
Cherchez l'erreur !
J'ai des difficultés à trouver un hébergement : la seule Auberge est complète... pas de "Zimmer Frei" non plus !... finalement j'arrive chez un propriétaire qui loue des appartements... c'est également complet ! Il m'offre une bière et téléphone chez des voisins... L'un accepte de me loger dans un studio situé à l'étage de sa maison !
Douche puis repas à l'auberge !
Il pleut à nouveau mais je dors au sec !

R33
Nuit agitée ! Je me réveille à deux heures du matin, toujours habillé, chambre éclairée et l'iPhone dans les mains, ou presque ...
La journée d'hier a été longue, c'est sûrement la cause principale... et non les tagliatelles au saumon ! 
Mes craintes concernant l'évolution du temps étaient justifiées. L'hôtel me confirme les tendances orageuses et le mauvais temps pour l'après midi !
Je prends le chemin forestier N 10 en direction d'AHORNACH... avec un doute car le chemin monte ! Je traverse des alpages avant d'aborder enfin la descente dans la forêt. C'est dans les environs d'AHORNACH que je perds la trace, cherchant en vain la position de la gare de départ du télésiège ! Résultat... Je descends trop bas... jusqu'à SAND IN TAUFERS.
Pendant ce temps de gros nuages se forment sur les sommets. Je me renseigne concernant l'accès au télésiège et au refuge... La réponse est claire ! Pas d'information sur le fonctionnement du télésiège du MILCHREISER ALM...
Je n'ai vraiment pas envie de perdre la journée !
Dans cette situation, la meilleure solution serait de monter au refuge par une autre vallée. C'est plus sûr et plus direct mais le dénivelé est plus important... Je jette un coup d'oeil sur la carte Michelin pour avoir une vue d'ensemble de la situation. A défaut de télésiège, je prends donc l'autobus qui assure les liaisons avec la vallée de VAL SELVA DEI MOLINI. Je descends à LAPACHE en direction du refuge CHEMNITZER HÜTTE / 2419 m.
C'est d'abord une marche sur une petite route goudronnée, puis le sentier N 24 contourne un lac de barrage et enfin prend la direction du refuge en traversant un alpage !
Le ciel s'assombrit de plus en plus et le vent se lève ... Ce n'est pas bon signe et j'essaie d'accélérer un peu le rythme !
J'arrive au refuge ou 24 adolescents d'un mouvement scout flamand viennent de prendre leur quartier !!!
Je rencontre un français qui fait également la VIA ALPINA !
J'ai à peine le temps de trouver une place dans un dortoir et de préparer la couchette que la pluie et le vent se  déchaînent !
Le repas du soir est servi : raviolis et oeufs sur le plat accompagnés de pommes de terre sautées ...
Il y a certaines étapes avec de nombreuses photos, surtout quand il fait beau !
Aujourd'hui je souhaiterais retenir quelques images du refuge ... mais de l'intérieur !

mercredi 13 juillet 2011

R31/32
Tous les jours, je lave mon linge et suis très attentif à dîner dans des vêtements propres !
Or il a plu pendant la nuit et le linge est resté bien mouillé sur le fil !
Je récupère le tout en vrac sur le sac et démarre la montée vers le RIESERFERNERHÜT.  D'abord je rejoins une zone d'activités sportives à l'amont du village et point de départ des différents sentiers.
Le tracé 3 emprunte d'abord un chemin forestier puis rapidement un sentier dans la forêt... Ça monte !
J'arrive sur un premier replat... une zone d'alpage. La montée reprend aussi vigoureuse, suivant les différents étages de la végétation Alpine.
Aujourd'hui pour passer le col, à 2800 m, le tracé poursuit au delà dans les débris et pierriers issus du retrait des glaciers ... Quelques points d'eau pour souffler. Je repère une petite cabane, refuge en cas de mauvais temps ...
La montée de la crête rocheuse finale s'effectue sur une partie largement aménagée sous forme d'escaliers construits en solides madriers avec poutres de soutènement !
Le refuge est situé au Col de GEMSBICHLJOCH. Le paysage est marqué par la présence de plusieurs appareils glaciaires et de moraines. Quelques photos et commence la descente vers la très belle haute vallée de GELLTAL. De beaux alpages et un beau et impétueux torrent caractérisent cette vallée ! Des aménagements importants ont aussi été réalisés sur le sentier : dallage, barrières de protection et tout simplement reprise du tracé !  
J'arrive dans la vallée de REINTAL au niveau des vieilles et très très belles fermes de l'Alpage SEEBERALM. Je continue sur la route en direction de REIN  / 1598 m... avec l'impression de marcher à l'opposé  d'AHORNACH ...
A REINS, je reprends le tracé en direction d'AHORNACH et finalement trouve un hébergement à proximité.
Longue journée ! Mais les mauvaises prévisions météo me faisait courir le risque d'être bloqué en altitude !