Vanoise

Vanoise
Au Col Rouge

vendredi 17 août 2012

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Hier soir au gite, j'ai rencontré un randonneur Canadien qui parcourt également la Via Alpina..En principe, il marche sur l'itineraire bleu mais n'hésite pas à prendre les chemins de traverse, le nez au vent, suivant son humeur et les informations recueillies sur la trace. Je profite de la lecture sa carte pour repérer l'itinéraire des prochains jours...Il a quelques difficultés à comprendre et admettre que je puisse ainsi marcher sans carte, guidé par le seul balisage  !
Le petit dejeuner est rapidement pris dans le petit bar du village. Je mets de coté quelques belles tranches de pain et deux ou trois petites barquettes de confiture et de Nutella...On ne sait jamais avec cette longue journée comme  perspective !
Avant le départ, j'apprends que le RIFUGIO ZANOTTI / 2200 m est certainement fermé. Il va falloir  trouver une autre solution. La seule possibilité sera d'essayer  de rejoindre le RIFUGIO MIGLIORERO / 2094 m ...un col plus loin et malgré le ciel brumeux  !

Suivant l'itinéraire du jour, et aprés le passage d'un premier col, j'arrive au RIFUGIO TALARICO situé au fond du Vallon de PONTEBERNARDO, j'aperçois le jardin alpin mais également les plantations d'edelweiss et de génépi "occitan"  ! Appellation qui peut paraitre un peu curieuse de prime abord mais qui prend tout son sens quand on apprend que ce secteur des Alpes revendique son attachement à la culture Occitane et à l'emblématique  croix du Comte de Toulouse !
Outre le génépi et autres fleurs des Alpes, ce refuge assure également le gite et le couvert aux randonneurs. Il peut ètre une bonne alternative au RIFUGIO ZANOTTI !

Je poursuis par une rude montée en direction du PASSO SOTTANO DI SCOLETTAS / 2223 m. Ce sont d'abord des lacets serrés dans des pentes très raides, puis une longue traversée qui conduit au col. L'autre versant est un vaste cirque rocheux occupé au centre par un alpage, une cabane et  un petit troupeau de vaches... Bien évidemment, il y a aussi une ancienne route militaire remarquablement tracée sur un versant rocheux .Je l'emprunte pour redescendre au fond du vallon jusqu'à une altitude voisine de 2000 m. C'est l'autre surprise du jour ! 

Il me reste à remonter sur l'autre versant d'abord en direction du RIFUGIO ZANOTTI, fermé bien entendu mais ou je croise une famille de randonneurs montée pour la journée..., puis du PASSO DIROSTAGNO / 2536 m afin de rejoindre le RIFUGIO MIGLIORERO, nouveau terme de l'étape. Le temps est couvert et brumeux, l'ambiance devient sinistre car l'endroit est désert et isolé ! J'ai hâte d'en finir car je n'ai pas l'habitude de rencontrer ce type de brume. De plus je n'aime pas traîner ainsi en altitude en fin d' après midi ! 

La montée a été raide ? La descente le sera aussi ! Passés les premières pentes du col, j'aperçois, directement en dessous et au bord du LAGHO ISCHIATOR / 2089 m, le RIFUGIO... Enfin ! 
Je continue la descente... En contournant un blockhaus, je surprends quelques chamois à l'abri dans un poste de tir ! Ils ne m'avaient pas vu, moi non plus et la rencontre s'effectue à très peu de distance... Ils finissent par déguerpir dans les pentes ! 
J'approche du refuge, véritable manoir écossais sur le bord d'un loch ! Dans la brume et la lumière du soir l'effet est saisissant. Il ne manque que les cornemuses... et peut ètre le whisky !
Et le fantôme ? Le rôle sera tenu par des enfants joueurs et turbulents qui feront grand bruit jusqu'à ce que le gardien décide d'éteindre les lumières... Il est alors 22 heures ! 





Ce soir, je dors dans un dortoir minuscule, sans fenètre et  avec seulement deux lits superposés... Je dois laisser la porte ouverte pour préparer mes affaires, ranger le sac et accessoirement faire le lit ! 
...J'ai souhaité être tranquille ! 

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Avant de quitter le Rifugio VIVIALE, Fabrizio le propriétaire m'explique qu'il a trouvé dans la région de bons artisans qui ont su répondre à ses exigences. Il me montre également la bibliothèque Alpine qu'il met à la disposition de ses clients... Autant dire qu'il est difficile de quitter un tel endroit ! 


Je reprends l'itinéraire en direction du PASSO DELLA GARDETTA / 2439 m. C'est tout d'abord une rapide montée, dans l'axe du vallon et au milieu des mélèzes avant d'arriver sur un large replat utilisé comme alpage avec quelques anciens bâtiments... Deux petits veaux probablement égarés et apeurés cherchent leurs mères. Comme je n'ai pas de biberon, je poursuis mon chemin ! Ce matin, il fait beau et la montée du Vallon de L'UNERZIO est vraiment agréable... Je marche d'un bon pas régulier sur le sentier au milieu d'une belle pelouse alpine . Aprés avoir dépassé quelques blochhaus et un fortin plus important  j'arrive au col .


De nombreux randonneurs et VTT sont montés par l'autre versant beaucoup plus accessible grâce à une ancienne route militaire et à la présence du RIFUGIO GARDETTA situé à proximité, au milieu d'un vaste alpage pratiquement plat. Quelques photos et je reprends la direction du PASSO ROCCA BRANCA / 2606 m en empruntant une vieille piste militaire construite probablement en même temps que toutes les fortifications et blockhaus qui protégeaient les passages. Il est vraiment impressionnant de découvrir autant d'ouvrages militaires à de telles altitudes ! En fait, depuis le départ de TRIESTE , j'aurai rencontré un grand nombres de ces ouvrages Autant de témoignages de la division de l'Europe et de l'importance du massif Alpin en tant que frontières naturelles ...trés souvent ignorées par les populations locales . 
La longue descente de près de 1200 m sur PONTEBERNARDO / 1320 m s'effectue d'abord par une traversée en direction puis sous le PASSO OSSEROT avant de bifurquer sur la gauche pour retrouver et poursuivre dans l'axe du vallon, en passant  à proximité d'un beau lac.

 


Cette descente est particulièrement longue et d'autant plus pénible qu'elle s'effectue sous un chaud soleil .
  De nombreux troupeaux
occupent ces vastes alpages bien secs en ce bel été...Curieuses, les vaches ne sont pas pressées de s'écarter de la trace . Au milieu de pierriers j'apercois enfin quelques edelweiss ... Finalement relativement rare sur cet itineraire de la Via Alpina ! Aprés avoir traversé un étroit et raide verrou glaciaire surveillé par de sombres et imposants blockhaus, je perds la trace à proximité d'un ancien casernement .Cela ne change rien car de toute façon il faut descendre dans la vallée...Je l'aperçois tout en bas, cachée par les arbres ! 
Finalement, je rejoins la route nationale... Quelques raccourcis puis encore un peu de marche sur la route ou une vieille piste pour éviter un dernier tunnel routier, me conduisent enfin au Posto Tapa (Gîte d'étape) de PONTEBERNARDO. Un peu plus tard, dans ce village dont elle est originaire, j'aperçois Stefania BELMONDO, ancienne Championne Olympique de ski de fond, entre autre à ALBERTVILLE... Elle participe à une présentation de photos sous forme d'un parcours dans les rues du village et à une animation sur les J.O. d'hiver. Je retrouve un couple de randonneurs hollandais qui arrivent tard au gite aprés quelques problèmes de récupération dans la descente, ce qui ne me surprend guère ! La journée se termine dans le petit restaurant du village...au menu pasta et un pot de vin rouge ! 


mardi 14 août 2012

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Voilà deux jours que j'ai l'impression de "savonner" dans les montées... sûrement un peu de fatigue ! 
Après avoir découvert la Haute Vallée de la MAIRA, je vais traverser le COLLE CIARBONET / 2106 m pour redescendre ensuite dans la Valle UNERZIO.
En jetant un coup d'œil sur une carte récente, j'ai noté la présence d'un refuge bien situé sur l'itinéraire, dans le petit hameau de VIVIERE / 1701 m
Ce matin, Stéphane, le responsable du Refuge CAMPO BASE me le confirme. Court échange telephonique...une chambre est encore disponible !  
Je traverse le vieux village de CHIAPPERA / 1616 m avec quelques vieilles maisons décorées de fresques religieuses.
Le tracé est bien indiqué. Petite hésitation à proximité d'un camping... la trace reprend sur l'autre rive d'un petit lac. Après une longue montée dans les bois et la traversée d'un alpage, le sentier franchit une épaule pour basculer dans une vaste combe boisée... le col est en face ! Dernière montée dans une superbe mélézaie, une dernière clôture électrique à franchir... Je suis arrivé au col ! 






Je découvre un paysage extraordinaire, quelques vieux chalet couverts de lauzes, de belles prairies alpines hélas bien trop sèches, et bien en face la Valle UNERZIO qui conduit au PASSO DELLA GARDETTA / 2439 m...Ce sera pour demain ! 
Cette zone porte encore la trace d'importants travaux réalisés par les militaires pour protéger les frontières... Ici c'est un large chemin muletier pavé et protégé par des murets. 

 Un peu plus tard, le surplomb du chemin au dessus de la vallée me laisse apercevoir le petit hameau de VIVIERE... Quelques maisons séparées par de petites ruelles et une vieille chapelle. C’est sur ce site qu'un passionné de vieilles pierres et de restauration de vieux chalets a décidé de s'installer... C'était il y a un an ! 
Le résultat est remarquable mais le refuge ne compte que trois chambres ! 
L'accueil comme la cuisine se fait en famille... Tout est excellent ! A découvrir lors d'une étape ou lors d'un week-end. 

Dans ces hautes vallées, désormais vidées de leurs habitants, la disparition du pastoralisme, de la transhumance et la "remue" ont laissé et laissent à l'abandon  nombre de chalets
.. Dans le même temps beaucoup sont en cours de restauration ou de reconstruction... Dernier sursaut avant fermeture ou début de reconquête ? 
Le propriétaire a particulièrement réussi la rehabilitation et transformation de la vieille batisse pour en faire un trés beau refuge tout en lui donnant ou conservant une ame ! La vieille poutre faîtière qui supporte les lauzes du toit et traverse la chambre que j'occupe doit faire plus de 50 cm de diamètre ! 
Ce soir je dormirai sous une couette épaisse comme ça ! 





R134














jeudi 9 août 2012

R133



Départ de CEILLAC un peu tardif. Hier au soir, pressé par l’orage, j'ai oublié d'acheter du pain. Je fais également quelques photos car il ne m'a pas été possible de charger mon appareil dans le précédent refuge ! 

Je prends la route de la vallée, direction LE MELEZET, hameau où démarre le sentier vers le LAC SAINT ANNE et LE COL GIRARDIN / 2708 m, point de passage avant de redescendre vers MALJASSET, destination du jour... 
Le ciel est gris et il se met à pleuvoir dès les premiers lacets ! 
Le sentier jusqu'alors très fréquenté est vite abandonné et seuls les plus décidés continuent la montée... 
J'enfile mon équipement "tout temps" et reprends la montée dans la pluie et le brouillard. Je passe rapidement sur le bord d'un premier lac avant d'aborder des pentes plus raides qui conduisent vers le LAC SAINT ANNE et sa petite chapelle noyée dans le brouillard ! 

J'interroge deux jeunes randonneurs qui descendent du COL GIRARDIN. De toute façon, je n'ai pas le choix... mes seules interrogations concernent les risques d’orages. Par expérience, je redoute ce mélange des genres tels que pluie ou grêle avec brouillard... j'ai déjà largement donné ! 
Je reprends la montée dans une ambiance bizarre et sous la grêle. De plus, je n'aurai pas vu le lac ! 
Je passe rapidement le col sous une tempête de grêle et poursuis la descente très intrigué par le mauvais état du sentier qui paraît avoir été piétiné par un régiment de chasseurs alpins ! J'aurai l'explication dans les pentes au dessus de MALJASSET... Un groupe de randonneurs accompagnés de cinq ânes lourdement chargés descendent le col ! 
Avec la pluie, le sentier est dévasté et n'est plus qu'une patinoire boueuse et dangereuse dans les pentes raides qui surplombent le hameau ! C'est très en colère que j'arrive à MALJASSET. Je rejoins le Gîte de  la Cure... Le soleil m'accueille à la fin de l’étape.
Ouf ! 

R132


Malgré la pluie du soir et de la nuit, le ciel n'en a pas encore terminé avec les orages. 
Le petit déjeuner est servi avec un peu de retard et je me dépêche de prendre la trace afin de passer le COL DE BRAMOUSSE / 2249 m pour rejoindre le beau village de CEILLAC / 1651 m. 
J'ai oublié un détail ! Il faut d'abord descendre dans la Vallée du GUIL, traverser au Pont de BRAMOUSSE / 1194 m afin de pouvoir remonter tranquillement au col.
Retour sur les pentes de FURFANDE... Je commence par longer la base des Crêtes de CROSERAS avant de m'engager dans la descente. Le sentier est bien tracé et je descends rapidement pour terminer dans les bois de pins à proximité du hameau des ESCOYERES / 1520 m avec sa chapelle et sa belle fontaine.  Poursuis la descente par une petite route.
Après avoir traversé le GUIL, je reprends un sentier en direction du village de BRAMOUSSE / 1435 m et ses deux fours à pain. 
Petit arrêt au gîte pour trinquer avec deux jeunes et sympathiques bretons rencontrés hier au refuge de FURFANDE... Ils terminent le tour du QUEYRAS et précisent "Bretons... mais pas de NANTES" ???
Un peu d'humour ne faisant pas de mal, c'est d'un pas décidé que je reprends la montée vers le Col, d'abord sur une piste forestière puis sur un sentier sous les mélèzes et les pins cembro. La magnifique forêt, s'ouvre, l'espace d'une clairière, pour laisser la place au bel et harmonieux ALPAGE DE BRAMOUSSE / 1838 m dont l'habitat traditionnel à été particulièrement bien entretenu ou restauré ! Je remarque que les murs de la petite chapelle ont été ceinturés de grosses poutres en bois de mélèze... surprenant ! 
La petite pluie du matin a fait place à un ciel orageux et je presse le pas... 
Court arrêt au passage au COL DE BRAMOUSSE puis j'entreprends la descente d'abord par une longue traversée d'alpage puis par un sentier qui déroule de nombreux lacets dans les bois au dessus de CEILLAC / 1651 m. Le balisage est correct.
J'ai réservé au Gîte d'étape "Les Balladins". Accueil agréable et compétent. Douche puis je fais quelques courses chez l'épicier du village. 
Retour pressé car l'orage se déchaîne !