Sur la Via Alpina TRIESTE MONACO -Itinéraire Rouge- Etés 2011-2012
Vanoise
Au Col Rouge
vendredi 31 mai 2013
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Il y a vraiment du laisser-aller chez les Via-Alpinistes... Après la mémorable journée d'hier j'ai quelques difficultés à me remotiver pour l'étape du jour. En attendant des jours meilleurs je décide de prendre le temps du petit déjeuner... Il sera toujours temps de réfléchir après ! Ce matin, à l'Auberge LORENZINA du COLLE DI NAVE / 933 m, il est servi sous la forme d'un abondant buffet avec charcuterie, fromages, fruits etc... Voilà qui remplace avantageusement les habituelles confitures et nutella servies en mini-portions. En plus c'est dimanche et il fait beau !

Finalement, après quelques achats alimentaires dans la seule épicerie-souvenirs du col, c'est vers 10h30/40 mn que je pars en direction de SAN BERNARDO DI MENDATICA / 1265 m. L'étape est décrite courte... encore que !
Après une première mais raide montée dans un bois de feuillus et de pins, j'arrive sur une butte rocheuse sur laquelle a été construit le FORT POZZANGHI / 1120 m.
C'est un fortin de plan circulaire entouré d'un profond fossé et qui défendait l'accès au COLLE DI NAVE. Comme l'autre fort situé sur le versant opposé, il faisait partie d'une ligne de défense organisée sur les crêtes avec une vue panoramique sur les vallées voisines. Encore un vestige de la Triple Alliance et des politiques qui ont marqué la fin du 19°Siècle en Europe... Evidemment il fait chaud et je commence regretter ce départ trop tardif. Mais il faut également savoir prendre le temps d'une respiration, j'allais écrire d'une journée de plein air...! car les prochaines étapes s'annoncent longues et difficiles. Le point positif est la bonne odeur de pins qui m'accompagne sur la trace sous le couvert des résineux...
Un chemin forestier, très bien balisé, me conduit ensuite au COLLA DI BOSCHETTI / 1226 m, col où passe également une petite route.
Si la suite de l'itinéraire n'est pas trop compliqué, elle nécessite hélas, d'avoir un minimum d'attention. Or, il fait beau, le tracé est agréable et je me laisse distraire par quelques chevreuils qui m'observent. Arrive ce qui devait arriver... dans un moment d'inattention je perds la bonne trace au profit d'un sentier qui remonte une longue crête boisée. En fait, c'est une des nombreuses pistes pour motos et VTT aménagées pour le tourisme local. Il me faudra un temps certain pour m'en rendre compte...
Demi-tour pour retrouver plus bas le balisage et le départ d'un petit et très discret sentier que j'emprunte et qui s'enfonce dans une épaisse et sombre futaie. Peu de temps après la trace s'arrête à proximité d'une route, juste au dessus et derrière une source et un oratoire dédié à la Vierge... Un conducteur est en train de laver, ou d'arroser, sa voiture et mon arrivée surprise au dessus d'un haut et étroit muret lui fait manifestement l'effet d'une apparition divine... Pacem mon frère !

Poursuivant la trace, parfois sur la route ou sur un sentier de traverse et après la traversée d'un court tunnel..., je perdrais une nouvelle fois la trace en empruntant évidemment le mauvais chemin... Ma seule excuse était la présence d'un double balisage et d'un beau sentier qui descendait ! Tout à une fin et il me faudra rejoindre la route, avant de prendre à gauche pour remonter une pente boisée jusqu'à la butte CIAPPA DEL CUCO / 1303 m. Il y a des jours comme ça !
Pour une étape qui devait être courte, c'est pas mal ! La journée aura été marquée par un itinéraire très particulier essayant d’éviter la route par des contournements, quelques raccourcis peu fréquentés et parfois largement envahis par de hautes herbes ou encore barrés par quelques arbres déracinés lors de précédents orages !
J'arrive à SAN BERNARDO au beau milieu de l’après midi. C'est dimanche et il y a beaucoup de monde dans l'auberge... Pourtant, je n'ai rencontré personne sur l'itinéraire. En attendant que WALTER, époux de la patronne soit disponible, je m'installe sur la terrasse pour me déchausser, enfiler une paire de tongues... et enfin déguster une glace !
Encore une bonne journée de marche qui me rapproche du Rocher. Au fond de moi, j'ai hâte d'apercevoir la mer briller tout au fond du paysage. Normalement ce devrait être pour demain lors d'une étape qui s'annonce longue et difficile dans un environnement sauvage peu fréquenté. Je partirai très tôt !
Ne disposant d'aucune carte et muni du seul topo de la Via Alpina, je décide de faire quelques photos de la carte affichée sur un mur du restaurant ...Ce sera toujours mieux que rien !
En effet, quelques récentes étapes ont montré une nouvelle foi les limites de mes choix et de mon organisation ... Et donc une certaine lassitudeR154
J'ouvre les volets et soulève la moustiquaire...Point de "nebia " sur les pentes let les sommets mais un ciel bleu prometteur d'une belle journée. Aprés un rapide mais bon petit déjeuner, je termine le rangement du sac . Il me faut partir ...
Mon objectif est simple et clair . Dans un premier temps rejoindre CAPRAUNA / 1039 m en remontant le long vallon dans lequel s'inscrit le tracé de la petite route , puis boucler l'étape du jour afin de rejoindre le COLLE DI NAVA / 1258 m par le COLLE DI CAPRAUNA/ 1379 m . Cela sera un peu long mais je devrais y arriver sans trop de difficulté.
Par la route et quelques raccourcis hasardeux souvent épineux ou urtiquants je m'enfonce dans le vallon . J'avance au gré des hameaux et des villages rencontrés sur l'itinéraire, souvent suivis ou poursuivis par de nombreux chiens laissés en liberté . A deux ou trois reprises , il me faudra réagir vigoureusement car certains deviennent rapidement agressifs. Au terme d'une longue traversée sous une crète rocheuse et quelques belles falaises calcaires, je découvre enfin le village de CAPRAUNA aux maisons serrés autour du clocher et d'une petite place ou se situent les rares commerces de l'endroit. Je pose le sac sur un banc prés de l'entrée de la petite épicerie...Peu de choix mais une grande gentillesse. Je quitte l'endroit, avec à la main deux panini à la mortadelle et une boisson, pour aller m'installer sur la place, à l'ombre d'une haie sous l'oeil attentif et gourmand d'un gros chien ...Ses maitres, un couple de touristes italiens ne sont pas loin ... Ils paraissent étonnés par mon parcours et le terme du voyage.
Sous un chaud soleil, reprise du sac pour traverser puis rejoindre le haut du village par de vieilles ruelles empierrées . Je retrouve le tracé qui parcourt un chemin creux avant d'atteindre quelques granges trés bien restaurées. Elles forment un petit hameau dans lequel zigzague le chemin qui se dégage ensuite pour prendre rapidement de l'altitude par de vigoureux virages et un tracé bien bordé par de grosses pierres ou dalles levées ...Bel endroit qui témoigne du travail des hommes et qui offre une vue magnifique sur la vallée que je viens de remonter ...Plus haut , la trace rejoint ou traverse la route à plusieurs reprises.
Désormais, j'approche du COLLE DI CAPRAUNA, point haut de l'étape du jour ! Je découvre l'autre versant et un nouveau paysage dans lequel s'inscrit l'itinéraire qu'il reste a parcourir ...C'est un paysage de landes et de maigres paturages , jauni par le soleil et la sécheresse avec quelques bois de pins au bas des pentes. Je crois deviner l'itinéraire qui parcourt une crète avant de rejoindre une piste forestière .
Arrivé au col, je poursuis sur la route avant de trouver sur la gauche un raccouri pour éviter quelques virages...En direction du nord, j'apercois les versants sud de la Vallée du TANARO , parcourus les jours précédant l'étape de GARESSIO.
Petit problème, il y a beaucoup de poussière et d'importants travaux de terrassements sont en cours sur l'tinéraire prévu. Ou passer ? Le balisage et les panneaux paraissent bien fragiles et inadaptés pour une telle situation . J'essaie de traverser la zone de travaux mais un conducteur d'engin me fait signe de m'éloigner...Aprés quelques minutes d'hésitation et de recherche,au milieu de la poussière qui recouvre les arbres et les buissons, j'apercois des barrières et un tracé de contournement . Il me faudra remonter afin de rejoindre un chemin de crète qui redescend sur un autre versant ...L'itinéraire ne parait pas clair et la trace bizarre. Heureusement, je croise un groupe de motards qui me confirment qu'il s'agit d'une piste pour les motos ! Retour sur la crète pour poursuivre plein ouest au mileu de la lande et des paturages afin de rejoindre un chemin forestier situé en contrebas...l'orientation a l'air correcte.et je poursuis sur ce chemin recouvert d'une fine mais importante poussière .Ce soir particulièrement, la douche devrait ètre la bienvenue !
Aprés le Col de PRALE, puis le Pas de SEMOLA / 1102 m, je continue sur le chemin forestier pour atteindre enfin l'Eglise de SAN BERNARDO d'ARMO / 1057 m, lieu de culte situé au milieu d'une vaste et belle clairière magnifiquement éclairée par la belle lumière d'un soleil de fin d'aprés midi d'été. Pas de touristes dans ce site bien aménagé avec de nombreux emplacements de loisirs et de parking. Hélas, il y a beaucoup de déchets et de papiers au sol. Pourtant l'endroit est beau et pourrait ètre mieux respecté !
Toujours sur le chemin désormais empierré, j'avance sur quelques centaines de mètres jusqu'à un petit col avant de redescendre à travers bois puis de traverser quelques prairies avant de rejoindre le COL DI NAVA et ses beaux chalets ou maisons dispersées sous de grands arbres. Nous sommes samedi et il y a beaucoup de touristes et de visiteurs sur cet important col qui sépare les Alpes ligures des Alpes du Marguareis à l’ouest. Le passage était protégé par un système de fortifications datant du dix-neuvième siècle, édifié par les souverains de la maison de Savoie, et occupé lors de l'époque napoléonienne...Il ne fut jamais engagé dans des guerres
Ce soir objectif atteint ! Au terme d'une longue et belle journée de marche dans de trés beaux paysages,deja ou presque méditerranéens , je rejoins rapidement l'auberge LORENZINA ou j'ai réservé une chambre. Au loin, j'apercois les formations de " nebia"qui recouvrent toujours les sommets...Il est trés rassurant et agréable de l'apercevoir ainsi de loin !
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Cela aurait pu être une journée véritablement ensoleillée. En effet, tel un coureur de régate je vais tourner à la bouée... GARESSIO / 506 m est un repère important sur l'itinéraire de la Via Alpina. En quittant ce bourg des Alpes Ligures l'itinéraire de la Via Alpina repart plein ouest, direction les Alpes Maritimes et le rocher de MONACO ! En ce début de matinée, c'est une impression très particulière de franchir ainsi une nouvelle étape au même titre que le passage à OBERSDORF en Bavière ou au COL de COUX lors de l'entrée en France après un long parcours depuis TRIESTE.
Lors du petit déjeuner la propriétaire du gîte m'a signalé la présence de la "nebia" sur les collines environnantes, à proximité du COLLE SAN BERNARDO / 957 m et sur les flancs du MONTE GALERO où doit me conduire l'itinéraire du jour. La nebia est un brouillard très particulier et spécifique à la région. Tout à la joie de repartir ainsi vers la destination finale, je ne prête pas une grande attention à ses propos...! Un peu plus tard, je retrouve la trace au creux d'un frais vallon, non loin d'une église. La " bouée " prendra finalement la forme d'un modeste panneau tracé à la main et bien placé en évidence sur le bord du chemin !
Les premiers kilomètres s'effectuent sans aucune difficulté sous de grands arbres en direction du col, malgré l'arrivée d'une brume épaisse et humide poussée par un fort vent du sud et qui commence à envahir le paysage. Je traverse quelques clairières encombrées de troncs et de branches oubliées par des bûcherons... Quelques bâtisses ou granges abandonnées marquent également le paysage. Arrivé à proximité d'une importante route, l'itinéraire repart à nouveau dans les bois avant d'atteindre un large plateau où a été installé un parc de grandes et bruyantes éoliennes. Lecteur te voilà au courant...
Bref arrêt au col pour échanger quelques mots avec un cyclotouriste avant de traverser la route pour emprunter une large piste poussiéreuse qui part tout droit vers la brume... L'endroit désormais occupé par les éoliennes a été déserté... restaurant et auberge ont fermé et sont vides de tout occupant !


La signalétique est présente mais pas forcément très claire sur cette partie et, malgré la présence du balisage " blanc-rouge ", j'ai quelques difficultés à repérer le bon itinéraire de la Via Alpina.. .d'autant plus que de grandes écharpes de brume masquent le paysage. Je décide de poursuivre sur un sentier qui monte sur les flancs boisés du MONTE GALERO. Une brume chaude, humide et de plus en plus épaisse s'installe dans un paysage de sous bois que la lumière peine à traverser et éclairer. Je me sens particulièrement isolé dans ce silence cotonneux et cette moiteur lourde qui colle aux vêtements. Je me retourne... personne à part l'habituel et incontournable ange gardien. L'ambiance n'est pas particulièrement agréable d'autant plus que je n'ai aucune idée des prévisions météo. Le temps va t-il tourner à l'orage, va t-il pleuvoir ?
Un nouveau panneau accroché à un arbre indique la direction du MONTE GARESSIO par une variante... que faire ? Préférant rester sur l'itinéraire, je poursuis la montée par un sentier en corniche avant d'atteindre une brèche rocheuse où je retrouve plusieurs et différents signalétiques. Mais il n'est point fait mention de la Via Alpina. Toujours dans la " nebia ", je poursuis vers le sommet par un étroit sentier qui se termine sur une crête herbeuse, au dessus de la forêt et de pentes dénudées qui paraissent bien raides. Je ne dois pas être loin du sommet ! La trace s’arrête sur une pointe encombrée de rochers... demi tour prudent pour retrouver sur l'autre versant un sentier balisé que je décide de descendre. Il fait toujours très sombre et la visibilité est bien réduite. Plus bas à une intersection je retrouve le départ du sentier " variante "... A défaut d'avoir choisi cet itinéraire de montée, je l'aurais emprunté par hasard à la descente ! Une conclusion s'impose... sans carte et dans le brouillard je me suis égaré ! Faute d'une autre solution je remonte rapidement sur la crête pour reprendre la trace jusqu'aux précédents fléchages. A cet endroit un seul sentier paraît descendre... A défaut d’être le bon itinéraire, ce sera mon choix pour essayer de retrouver quelques repères ou de nouvelles informations concernant la suite de l'itinéraire. La descente est très longue et hasardeuse sur ce sentier manifestement négligé et oublié sous les ronces et les branchages tombés depuis des arbres qui recouvrent les pentes de la montagne. Aucune vie dans les bois de ce profond vallon où seul le cri caractéristique d'un lynx viendra troubler le silence et me rappellera quelques souvenirs de Slovénie.. .C'était déjà la même ambiance lourde !
Quelques ronces et une chute plus tard contre un tronc couché au travers, je pense apercevoir quelques maisons tout au fond du vallon. Je m'en approche après avoir croisé un chemin forestier qui se termine sur une route, dans un virage. Une chaîne métallique, que j'enjambe facilement, interdit l’accès de ce dernier chemin que je viens de parcourir ! Bonne nouvelle, j'ai retrouvé le soleil malgré la " nebia " qui s’accroche toujours sur les pentes.
J’aperçois deux personnes qui récoltent des pommes de terre dans un champ non loin de la route... Bref échange pour leur préciser que je cherche à rejoindre CAPRAUNA et accessoirement une possibilité d"hébergement dans les environs. Ma mésaventure n'a pas l'air de les surprendre... En fait, je suis arrivé très bas dans la vallée, au village de NASINO, à 9 km de ma destination et bien loin du refuge où je comptais passer la nuit. Par ailleurs, j'apprends qu'il n'y a pas de possibilité d'hébergement dans le secteur... Appel auprès d'un voisin qui serait éventuellement intéressé pour proposer une chambre dans un hameau situé à quelques kilomètres... Finalement c'est d'accord !
Court arrêt sous la tonnelle de l'épicerie afin de me restaurer d'une belle assiette de fromage et de charcuterie. A l'arrière de la boutique est installé un petit mais moderne laboratoire où sont fabriquées de manière artisanale quelques spécialités locales telles que conserves de légumes, confitures ou encore marmelades de fruits. Promis, il devrait y en avoir pour le petit déjeuner...
Modestement installé sur le plateau découvert d'un petit véhicule motorisé à trois roues, je rejoindrai ensuite la chambre. C'est ici l'unique moyen de locomotion adapté pour circuler au travers des venelles du hameau ou traverser les étroits passages qui font office de porches d'entrée pour les maisons accrochées à la pente... Agrippé aux ridelles du véhicule et très attentif à ne pas laisser traîner les mains à l’extérieur du gabarit, je rejoins une étroite terrasse après un dernier passage de voûte. Comme autant de témoignages ou reproches de manœuvres hasardeuses et risquées, il y a quelques traces de rayures et de peinture sur les murs latéraux. Bonne nouvelle... pas de sang sur le mur en cette fin d’après midi !
Le véhicule s’arrête finalement au dessus d'un jardin potager. L'endroit est adorable et encore au soleil. Il fait chaud dans ce vieux village ligure. Encore quelques marches avant une bonne douche... J'aviserai demain pour la suite de l'étape. J'ai quelques scrupules car ce soir les propriétaires dormiront dans une chambre placée au sous sol de la maison... Je dormirai également malgré la présence de quelques moustiques.
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Je suis bien seul dans la vaste salle à manger de l’hôtel ITALIA… Aucun bruit. Il est l’heure de partir mais personne dans les cuisines pour préparer le petit déjeuner ! Heureusement quelques boissons et de l’eau préparées pour la journée feront l’affaire pour accompagner les biscottes et pain grillé disposées sur un coin de table au fond de la salle. Je me sers très largement en attendant la théière qui arrive enfin, tenue à bout de bras par une silhouette endormie et mal peignée !
Il n’en fallait pas davantage pour me décider à partir ! Traversée de la vieille ville pour rejoindre la rive gauche de la rivière TANARO puis GARESSIO au terme d’une étape qui s’annonce plutôt longue. Le descriptif du topo guide est peu disert et diffère largement de l’itinéraire dessiné sur le panneau affiché au centre du Bourg. Qui a écrit « Nul ne s’est jamais perdu sur le droit chemin… » ?
Peu après, première et longue hésitation à une intersection. J’ai le choix entre suivre le sentier plat et proche de la berge ou emprunter une trace qui monte et disparaît dans la forêt. Ce dernier me parait plus convenable et conforme avec l’esprit de la Via Alpina. Je ne serai pas déçu ! Seul petit problème, le topo indique de remonter la rive gauche du Rio ARMETTA alors que je suis sur la rive droite…
Le sentier pénètre rapidement dans un épais bois de feuillus. La piste est étroite, parfois en surplomb de la gorge ou coule un petit ruisseau, mais toujours convenablement tracée. J’ai l’impression bizarre de m’enfoncer un peu trop profondément dans le vallon et de monter trop haut, dans le mauvais sens. Le parcours est assez semblable au trajet et aux paysages de la journée précédente… Une épaisse forêt, de magnifiques oratoires et de nombreux hameaux en ruine, perdus et désormais ignorés dans la végétation et seulement accessibles par de petits sentiers ou de rares chemins forestiers. Pas très alpin, l’itinéraire n’en demeure pas moins insolite et très beau. C’est une vraie et attachante découverte !
Plus haut, la trace se termine finalement à proximité d’un groupe de maisons et d’une jolie chapelle. L’endroit est habité… Quelques marques sur un rocher, le logo de la Via Alpina et quelques noms de lieux sur un panneau me confortent dans l’idée que je suis peut-être sur ce droit chemin !
Il en sera de même toute la journée, au fil des sentiers dans de nombreuses combes, lors de contournements de vallons et de traversées de hameaux , le plus souvent dans des forêts désertes et silencieuses ou les seuls bruits proviennent de chants d’oiseaux ou du bruissement des herbes sèches et feuilles mortes lors de la fuite de quelques rongeurs ou serpents !
L’itinéraire pourrait paraître évident à suivre s’il n’était pas caractérisé par un balisage insuffisant et les difficultés à retrouver la bonne trace derrière un muret ou l’angle d’une chapelle. Beaucoup de points signalés sur le topo mais en réalité très peu notés ou repérés sur la trace… c’est vraiment dommage !
Après une nouvelle remontée dans un chemin creux qui traverse les nombreux jardins d’un petit village, c’est une longue traversée descendante au milieu de châtaigniers et de quelques hameaux isolés avec seulement deux ou trois maisons habitées. Je croiserai ainsi une famille d’Allemands occupés à d’importants travaux de restauration d’une vieille et magnifique ferme aux murs de pierre...Ils sont bien seuls !
Il fait très chaud. Dernier village, quelques habitants sont assis dans l’ombre des maisons, un magnifique oratoire restauré et un four à pain témoignent que tout n’est peut-être pas perdu…
La descente se poursuit vers la vallée, à proximité d’anciennes fermes bien aménagées puis d’une vieille chapelle qui surplombe une grande route et la voie ferrée. J’arrive à proximité d’ISOLA LUNGA / 662 m .Il me reste à rejoindre le point d’étape par un long trajet sur un chemin de terre en fond de vallée… C’est avec une certaine lassitude et fatigue que je rejoins GARESSIO / 506 m.
Surprise… la journée est loin d’être terminée. En effet le seul hôtel a cessé toute activité. Je prends quelques renseignements auprès d’un habitant qui me confirme que les difficultés économiques ont lourdement frappé la région. Une seule possibilité pour dormir… la ferme auberge située au dessus du bourg. Bref coup de téléphone, il reste une chambre de disponible. Après quelques courses alimentaires pour le repas du soir et les prochains jours, l’habitant qui m’avait renseigné m’accompagne jusqu’au gite. Ancien cadre de banque, il est désormais en préretraite et reste très amer sur la situation de son pays et de l’Europe. J’avais déjà remarqué que dans la ville et ses environs nombre de boutiques, de magasins sont fermés et beaucoup de maisons désormais à l’abandon, certaines porte et volets béants…
Ce soir jambon, fromage et fruits. Le gite est situé à l’écart, dans un secteur très calme au milieu des prés. La nuit sera bonne car le troupeau a pris ses quartiers d’été sur les montagnes voisines. L’étape de GARESSIO marque un tournant sur la Via Alpina. En effet, après avoir largement débordé à l’est sur les ALPES LIGURES et le PIÉMONT, l’itinéraire repart dès demain vers l’ouest, vers la FRANCE et vers MONACO. La terre se nourrit d’empreintes…
J’ai particulièrement aimé la traversée de cette belle région.
dimanche 2 septembre 2012
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Le Rifugio MONGIOIE ou j'ai passé la nuit, est situé sur un vaste plateau au dessus du Village de VIOZENE , situé dans la Vallée du TANARO dont les pentes sont couvertes de vastes forets composées de sapins, de hêtres et de mélèzes,variant fréquemment suivant l'altitude ou l'orientation. Elles forment un couvert végétal varié et bien particulier que je vais découvrir au fil de l'étape au long de sentiers qui déroulent leur trace à mi pente, s'inscrivant dans des vallons secondaires avec quelques passages à flanc de resauts rocheux .Voila pour le programme du jour...loin des alpages !
Aprés un bon petit dejeuner, je quitte le refuge pour une courte descente vers VIOZENE ou les choses sérieuses commenceront ...C'est d'abord un large chemin forestier qui part à droite au dessus de la route principale. Je remarque rapidement que si le balisage n'est pas spécifique à la Via Alpina, je parviens à retrouver néanmoins les quelques points notés dans le descriptif de l'étape du topo -guide. C'est comme ça , il faut l'accepter et surtout ne pas s'inquieter à l'idée de s'égarer sur quelques chemin de traverse ! De temps en temps il me revient également que je ne dispose pas de carte...J'essaie d'ètre attentif et surtout de ne pas monter trop haut sur les crètes car ORMEA est également en fond de vallée.
Empruntant d'anciens chemins, des sentiers qui autrefois desservaient les hameaux situés sur les pentes , je traverse de vieux hameaux abandonnés et ruinés...Ici des toles rouillées à moitié arrachées du toit et qui claquent au vent, dans une atmosphère lourde et un décor digne de Sergio LEONE mais également quelques beaux balcons en fer forgé. Plus loin, ce sont de nombreux et magnifiques oratoires érigés sur le bord du chemin, témoignages de l'activité et de la vie des hommes dans ces endroits désormais isolés.
Ici, ce sont des murs de pierre béants et des maisons éventrées désormais habitées par des arbres et une importante végétation. Beaucoup d'aménagements, d'imposants et solides murets, de chemins creux permettent de l'imaginer aisemment. Aujourd'hui c'est dans le silence et la solitude que je traverse ces montagnes oubliées.
Parfois, un champ, une trouée dans la forèt laissent entrevoir un village plus important et toujours habité. Plus loin, je crois apercevoir ORMEA .Je n'ai pas l'impression d'avancer !
Un moment d'inattention, j'essaie de saisir une haute herbe avec la main droite et c'est le pli interieur d'une phalange qui cède et que j'entaille avec bon coeur...La tuile ! Le sang jaillit. Un bras levé, j'attrape la trousse de secours au fond du sac avec l'autre main...De l'eau, du désinfectant et quelques pansements plus tard, je peux enfin repartir. Cela tiendra bien jusqu'a ce soir ...mais je me suis fait un peu peur .
Il commence à faire trés chaud lorsque j'arrive enfin à QUARZINA .La foret a laissé la place aux buissons, à l'herbe rase et aux pierres ....Saisir la casquette pour la passer sous le robinet d'un petit point d'au destiné aux troupeaux avant de la remettre vivement ...c'est frais ! Le sentier contourne le village avant de poursuivre sur les pierriers situés au dessous du Mont CASTELLO puis atteindre la Chapelle Saint Jean Baptiste / 1510 m. sur un vaste platau..Le point n'est pas noté sur le topo mais le balisage est toujours bien visible .Court arrét pour observer la suite de l'itinéraire qui devrait largement descendre vers ORMEA, désormais bien en vue.Ca ne se présente pas trop mal !
Visiblement ce versant est encore habité ...Il y a toujours des alpages ruinés mais plus bas des hameaux et de petites fermes restent habités .Les champs comme les chemins temoignent de cette activité. Les champs sont fauchés , les murets bien dressés et je croise deux cavaliers sur leurs montures ...Ca change .
Plus bas, je retrouve la foret. Des hètres bien sur mais aussi quelques mélèzes et surtout de nombreux chataigniers qui paraissent toujours en production . ..Au village de CHIORAIRA / 1097 m , un habitant m'indique un raccourie afin de rejoindre facilement le point d'étape . La suite de l'itinéraire se poursuit sous une pluie fine et quelques grondements de l'orage...Je rejoins une petite route pour une dernière descente vers l'agglomération d'ORMEA . Il me reste a trouver une solution d'hebergement . Sur une des places, au milieu des voitures, j'apercois le panneau de la Via ALPINA avec la carte de l'itineraire qui parcourt la Vallée jusqu'à la prochaine étape de GARESSIO . Je pense avoir parcouru la bonne trace ...mais, faute d'avoir rencontré de nombreux panneaux, comment en etre sur ? C'est de l'autre coté du bourg , que je trouve un hotel pour la nuit . La chambre est correcte et le prix aussi. A défaut de rencontres , car je n'ai rencontré personne sur l'itinéraire, voila une bonne journée de découverte d'une vallée que je ne connaissais pas ! Je prends le repas à l'hotel .
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