Vanoise

Vanoise
Au Col Rouge

mercredi 15 juin 2011

R6
Les petits déjeuners se suivent et se ressemblent avec toujours le même appétit ! Ils sont copieux et permettent très souvent de préparer quelques sandwichs pour la pause de midi et attendre le dîner, autre vrai repas de la journée.
Depuis CRNI VRH et sur les conseils du "Boss" de l'hôtel, je m'autorise une petite variante avant de rejoindre l'itinéraire en direction d' IDRIJA. Dès le matin, je remarque qu'il y a toujours autant de difficultés à suivre correctement le balisage... surtout quand des poubelles de tri sélectif sont posées devant une rare balise à un important et significatif changement de direction  ! Par chance et pour cette fois-ci, je reste sur le bon itinéraire... Il n'en sera pas de même un peu plus loin, en descendant vers IDRIJA en pleine forêt d'épicéas !
La dernière partie de l'itinéraire se déroule dans les bois, sur des versants escarpés au-dessus de la rivière Idrija. Je rejoins une route, puis un peu plus loin emprunte un pont de bois pour traverser la rivière et continuer la descente, rive gauche. Le sentier conduit vers une mine de mercure désaffectée.
En effet d'importants gisements de mercure furent découverts à cet endroit dès le 15° Siècle. Selon la tradition locale, c'est un fabricant de seaux qui  trouva du mercure liquide dans une source près du village !
Aujourd'hui les mines sont fermées.
Arrivé à IDRIJA en fin de matinée je fais quelques emplettes : fruits, biscuits et surtout Compeed et tricosteril dans une pharmacie. De grosses ampoules, dont une "géante" bien gonflée et que n'arrive même pas à couvrir la plus grosse taille de ces compresses, ont fait leur apparition et  me font vraiment souffrir.
A cela s'ajoute un ongle incarné insuffisamment traité par une pédicure avant mon départ. Il est juste et important de dire et/ou rappeler que la randonnée c'est le pied !
IDRIJA étant une ville de fond de vallée où il fait lourd et très chaud... toujours le mercure ! Je décide de suivre la route. Après un nombre interminable de lacets j'arrive à LEDINE et trouve une auberge agréable, en haut du col, à LEDINSKO RAZPOTZE.
A peine arrivé sur la terrasse, je pose le sac, salue comme je peux et demande une chambre puis une bouteille d'eau minérale avant d'enfiler une paire de tongues... C'est le meilleur moment de la journée.
Tout renaît et tout revit ! Ce soir, je prends la décision de remplacer toutes ces compresses, COMPEED et autres par de l'ELASTOPLAST. Désormais c'est les ampoules ou moi... A suivre !
Au menu du dîner... Crudités et nouvelle assiette de IDRISKI ZLIKROFI... sans oublier une LASKO bien fraîche. C'est très bon et cela rassasie vraiment !
Soirée en terrasse avec les voisins venus, comme chaque soir, partager une bière. Ambiance très sympa, je reste à l'eau. Les discussions et échanges se poursuivent autour de la chasse et de l'ours Slovène. Un des buveurs en a chassé il y a de nombreuses années et son voisin en a croisé alors qu'il faisait du vélo sur une petite route des environs... Il n'a pas cherché à en savoir plus et est parti à grands coups de pédales...
Question : Que faire quand on n'a pas de vélo mais un gros sac de 14 kg ?
R5
Après un petit déjeuner très copieux : jambon cru, miel, fromage et apfelstrudel... service tiède, comme il se doit, départ de PREDJAMA sous un fin crachin... De toute façon il faut y aller ! Commence alors une longue marche solitaire dans de grandes hêtraies et à proximité de dolines. Je passe à proximité du Mont STRELISKI VRH et au Col de HRUSICA, important lieu de passage à l'époque Romaine. En fait le trajet est très vallonné et les dénivelés s'enchaînent jusqu'au refuge PIRNATOVA KOCA,( KOCA signifie refuge et KOCA COLA... abri de bus ! Je plaisante.)
Arrêt pour un rapide déjeuner préparé avec le pain et la charcuterie du petit déjeuner... C'est bon mais à peine suffisant. Je mangerai mieux ce soir !
Du lieu dit JAVORNIK où se trouve le refuge, fermé bien entendu, je me sens suffisamment en forme pour poursuivre et marcher jusqu'à IDRIJA. En fait, il en sera autrement suite à des absences de balisage. Encore des heures de perdues et des aller-retour multiples au milieu des champs et des bois pour enfin retrouver la bonne trace qui me conduira un peu plus loin, à CRNI VRH !
Après une longue descente dans les bois, je rejoins une route goudronnée à l'entrée du bourg. Dans le village, je trouve rapidement un hôtel... gostinia en Slovène. Une sympathique voisine, le bébé dans les bras,  m'informe que l'hôtel est fermé... elle décroche le téléphone pour  informer le " Boss" de mon arrivée....!
10/ 15 mn après je suis devant une assiette d'IDRISKI ZLIROFI, spécialité locale, deux délicieuses tranches de veau et une LASKO, bonne bière locale !
La qualité de l'accueil, la gentillesse et la disponibilité des Slovènes sont vraiment impressionnantes... Ce qui l'est aussi, c'est la présence et le nombre de ces auberges rurales. Un des points forts de la VIA ALPINA est d'ailleurs d'essayer de  favoriser cette économie rurale et de proximité. Alors s'il vous plait, avec tant de qualités faites un effort sur le balisage !



lundi 13 juin 2011

R4
Ce matin, intervention sur quelques grosses ampoules. Les pieds sont douloureux et j'ai quelques difficultés à mettre puis à lacer les chaussures... La journée risque d'ètre difficile pour ce premier important dénivelé de la VIA ALPINA qui doit me conduire au Mont NANOS.
Merci à toutes et tous : famille, copains et amis. Ce matin j'ai découvert de nombreux messages : étonnement, surprise et surtout de très nombreux encouragements venus de France !
Tous ces messages me vont droit au cœur... Vous êtes avec moi dans ces forêts, prairies et rochers... D'ailleurs vous avez été certainement trempés lors du violent orage de l'après midi en arrivant à STRANE... Le temps de chercher puis de réussir à enfiler la cape de pluie, et c'est fait !
La journée commence par une montée raide et difficile au Mont Nanos... Du Village de RAZDRTO / 575 m, je rejoins la base de la montagne toute hérissée d'antennes. Le sentier démarre droit dans la pente puis s'oriente nord-ouest. La montée est agréable dans les sous-bois mais parfois difficiles lors de passages de quelques ressauts rocheux cassants et glissants. A proximité de la Chapelle Sv. HIERONIM, Saint patron des traducteurs... il aurait traduit la bible en latin, je rejoins la crête herbeuse qui conduit au sommet, au pied des impressionnantes antennes et à proximité du refuge VOJKOVA KOCA NA NANOSU... Comme par hasard le refuge est fermé en ce chaud lundi ! Très peu de randonneurs autour du sommet, vaste plateau herbeux qui doit être, ou qui a dû être, un paradis pour les troupeaux de moutons !
Depuis le refuge construit dans une belle clairière, je me dirige plein nord pour traverser le plateau au travers de magnifiques espaces fleuris.
Quelques photos, un rapide casse-croûte et j'entame la descente versant nord-est. Je retrouve rapidement le couvert et le silence de ces immenses hêtraies slovènes après avoir eu le loisir d'approcher deux magnifiques chamois qui ont fini par déguerpir dans les rochers au-dessus de la trace.
La descente est pénible et la douleur des ampoules achève de mettre le moral en berne. Il ne manque que la pluie... Justement la voilà !
Je sors l'équipement "tout temps" et si j'arrive sans trop de difficultés à enfiler le pantalon de pluie, il n'en est pas de même avec la cape que je dois faire passer par dessus le sac ! J'avais fait quelques essais avant le départ et essayé de réfléchir à une méthode... C'était compter sans le vent tourbillonnant, la pluie qui pénètre mouille l'intérieur de la cape d'une couche "délicieusement froide et humide", le polo qui prend l'eau mais aussi mon impatience et ma colère ! Bref ça ne marche pas... ou trop tard !
C'est donc trempé, sous l'orage et un déluge de pluie que je traverse le Village de STRANE. Tout est en place pour se perdre une nouvelle fois...! Après de nombreux aller-retour dans le village et sur plusieurs chemins à la recherche d'un hypothétique balisage, je fais demi tour et finis par trouver un habitant qui me renseigne sur le bon itinéraire en direction de SMIHEL POD NANOSOM... Il m'explique en anglais que dans la journée il a renseigné un autre randonneur.
La trace est là bien à l'horizontale derrière une maison, au fond d'un lotissement. Un  balisage  rouge et blanc, à moitié recouvert de mousse, et peint sur le mur d'une vieille ferme rappelle très discrètement et modestement que je suis sur la VIA ALPINA  ! Que de temps perdu...
La fin du trajet se déroule au travers de champs et de chemins de la belle campagne slovène qui s'éclaire grâce à un timide soleil qui a chassé la pluie. Je traverse un dernier hameau... quelques passages dans les bois et je découvre enfin le magnifique château de PREDJAMA GRAD bien protégé et blotti dans un écrin de pierre au cœur et au creux d'une falaise... instant espéré et magique.
Je suis ailleurs et dans un autre temps... le château est entouré de petites maisons ; à ses pieds un autre hameau. L'ensemble présente une telle harmonie et sérénité qu'en fermant les yeux, avec le seul bruit du torrent, on s'imagine sans peine quelques siècles en arrière... rien n'a changé ou presque !
Ce château a une longue histoire de par sa situation...
Il a été rendu célèbre par un chevalier-brigand qui prit parti contre l’empereur autrichien Frederic III au 15° Siècle. En effet, le châtelain Erasme se battit aux côtés d'un roi de Hongrie qui fut décapité.  Erasme se vengea alors en tuant un proche de l’empereur d’Autriche. Poursuivi par les troupes impériales, le chevalier-brigand se réfugia dans son château réputé imprenable et résista pendant un an, assiégé par des troupes envoyées par l'empereur, profitant des nombreuses grottes attenantes au château de Predjama pour se ravitailler. Il fut finalement tué suite à une trahison. La légende dit qu’il repose sous la place de la localité de Predjama sous un imposant tilleul, toujours vivant, planté par sa fiancé.
Retour au quotidien... Je trouve un hébergement sur le chemin d’accès au château. Le mauvais temps a fait fuir les quelques touristes et il y a de la place à l'auberge ! Ce soir repas froid... le restaurant est fermé. 
Retour dans la chambre pour une nuit tranquille,  bercé par le bruit de l'eau. Les pieds sont couverts de pansements...

R3
Départ des grottes de SKOCJANSJE JAME... Je commence par perdre mon vieux bob !... pas question de l'abandonner ! Je refais le tour, remonte la trace. Le voilà dans l'herbe... Ainsi va le monde !
C'est dimanche et à part un car de touristes égarés et quelque peu dépités, l'entrée des grottes est étrangement calme... car elles sont fermées ! Je comptais traverser ces grottes et rejoindre directement l'itinéraire N°1... je vais devoir contourner le village et retrouver l'itinéraire de l'autre coté. Quelques maisons sont bâties entre deux gouffres et l'Histoire raconte que les envahisseurs Turcs ont perdu de nombreux soldats égarés puis tombés au fond de profondes dolines camouflées par des autochtones.
Le spectacle est vraiment impressionnant et  tout en bas j'aperçois le torrent qui jaillit au pied des falaises.
Je finis par rejoindre le sentier. Je suis attentif à rester sur la droite lors de la première bifurcation. Cette indication m'a été soufflée par des employés du Parc.
Direction RAZDRTO... un long et beau parcours dans les collines Slovènes. Des dolines, de très belles hêtraies et de vastes étendues herbeuses. Je passe en extrémité ouest du petit aérodrome de GABRK après avoir traversé sous des lignes à haute tension. Un passage dans une galerie sous une voie ferrée me fait plier en deux dans tous les sens du terme. La voûte est à un 1m30 du sol et il faut passer avec un gros sac. Alors on s'accroupit... encore, encore ! Je continue à suivre le tracé puis je perds la trace dans la forêt devant un énorme dépôt de fumier... Je ne suis pas assez attentif au balisage peint sur des poteaux électriques... Je reviens en arrière et retrouve le tracé sans difficulté pour arriver au hameau de GABRCE. Je continue en longeant  une route jusqu'à SENOZECE. Le village paraît abandonné, un bel immeuble était autrefois un hôtel ! C'est dimanche et même le bar est fermé.  
Je décide de prendre mon repas sur un banc au centre du village... J'ai l'impression d'être un peu surveillé par les quelques habitants qui circulent ! Je reprends rapidement le tracé depuis l'église et le cimetière. Le balisage est bien indiqué et l'itinéraire facile à suivre dans ces vastes forêts de hêtres où je ne rencontre pas âme qui vive. Le temps est orageux et je trouve parfois qu'elles sont bien sombres !
Mon attention est attirée par une fourmilière complètement saccagée et par de nombreuses traces. J'ai l'explication le soir quand arrivé au gîte de RAZDRTO à la Penzion MIRJAM, j'apprends que je suis dans une région où vivent les ours ! La veille trois oursons et une ourse ont été vus au milieu de l'après midi aux abords du village. En cette période de l'année, les ourses sont plutôt agressives ! Je reçois trois recommandations : ne pas faire de gestes brusques, ne pas fuir ni tourner le dos mais regarder droit dans les yeux... Facile !!!  
L'accueil est chaleureux, presque amical... Une Française travaillant dans l'établissement et mariée à un Slovène est rappelée en renfort pour les traductions. J'ai à peine le temps de finir une pizza et une bière que des Slovènes m'invitent dans leur maison de l'autre côté de la route. La soirée se termine devant quelques  bouteilles de Teran et de la charcuterie ! Tradition d'hospitalité bien appréciée que je ne peux refuser et qui complète bien la pizza. Par contre mes voisins de table ont quelques sérieuses difficultés à se lever !  Je rentre à l'hôtel sous la pluie.
Ce soir j'ai trouvé le sac bien lourd et les premières ampoules apparaissent. Demain montée au Mont NANOS / 1240 m.

dimanche 12 juin 2011

R2
Départ un peu tardif de l'hôtel et déjà sous la chaleur. Le patron de l'hôtel est en retard et j'attends patiemment. Ce matin les jambes sont un peu lourdes et les pieds déjà rouges et endoloris. Ce n'est pas bon signe pour la suite...
En route pour le Mont KOKOS / 674 m suivant un tracé plus direct mais plus raide indiqué par l'hôtelier. Ce n'est pas la meilleure chose à faire car ce sommet très arrondi est en réalité un vaste plateau où l'on peut se perdre facilement... J'ai d'abord quelques difficultés à trouver le refuge KOCA NA KOKOSI puis, j'entreprends la descente sur un mauvais versant qui me ramène en Italie ! Un randonneur Slovène me remet sur le bon chemin mais en repassant par le sommet. Sale temps pour les mollets...
Dans le lointain, j'aperçois le Mont NANOS / 1262m... Ce sera une des prochaines étapes et le premier dénivellé sérieux depuis le départ de MUGGIA.
Je trouve un petit sentier pour KOSEK. Agréable descente et traversée d'un beau paysage du KARST sur un chemin très pierreux. J'arrive à LOKEV sous un chaud soleil. Petit casse-croûte et achat d'une bouteille d'eau minérale avant de reprendre la route pour MATAVUN. Le balisage n'est pas évident et souvent mal placé, par exemple trop en retrait des intersections ce qui multiplie les aller-retours... Evidemment je ne m'en prive pas ! 
Après quelques détours, un passage sous l'autoroute Trieste-Lubjiana et la recherche permanente du bon balisage, j'arrive enfin à proximité de MATAVUN et ses grottes parmi les plus belles du monde. Je trouve une petite auberge sympa dans le hameau de DANE PRI DIVACI et termine la journée en vidant deux litres d'eau minérale. Il fait très chaud pour marcher... et les pieds souffrent. Douche puis lessive et étendage du linge. Le soir venu devant un plat de Cevapcici... si si ! je goûte au vin rouge local, le Teran.
Demain matin, je partirai tôt. Je préviens l'aubergiste qui me préparera un casse-croûte et une boisson en guise de petit déjeuner, puis je monte rapidement me coucher. Malgré la chaleur et les aléas de l'itinéraire, je n'ai vraiment pas envie de voir la fatigue s'installer !

samedi 11 juin 2011

R1/R2
Au soir de la première journée, je suis arrivé à Pesek sur la frontière Slovène... Nuit à l'HOTEL "PESEK".
Un balisage très irrégulier et parfois absent rend le trajet à la fois plus long et plus difficile avec des dénivelés positifs cumulés de l'ordre de 1000 / 1100m. 
Dès le départ de Muggia ce matin, la recherche de l'itinéraire fait perdre beaucoup de temps... Je quitte l'hôtel vers 7h30 pour une courte montée en direction du Château... pas de tracé et retour sur la Place Marconi.
Faute de la moindre indication, je cherche puis trouve, un peu par hasard, l'office de tourisme d'où je repars avec une importante documentation sur la VIA ALPINA, l'équivalent en peinture permettrait de baliser tout le trajet...,  mais sans aucun renseignement pratique sur l'itinéraire de cette première journée... !
Finalement je choisis de rejoindre San Barbara par la route. Il fait déjà très chaud. J'aperçois le premier balisage aux abords du village, à proximité d'un monument dressé en l'honneur de héros de la deuxième guerre mondiale. Le trajet du sentier N°1, se déroule le long de la frontière Slovène au milieu de vergers : oliviers, vignes, etc. mais aussi dans des bois de chênes et de pins.
Dans la traversée vallon du Rio OSPO, je jette un coup d'oeil machinal à l'altimètre, il indique -16 mètres. Tout s'explique... je marche sous le niveau de la mer et comprends mieux pourquoi je suis en nage !
Je parcours fidèlement le tracé en direction du Mont CARSO, à proximité du Refuge PRIMUDA qui n'offre pas de possibilité d'hébergement... Il y a beaucoup de traces, les balisages sont nombreux et il y a donc beaucoup d'occasions de s'égarer !
Il est encore tôt et je décide de poursuivre la route si possible jusqu'à Pesek !
La chaleur est accablante sur le sentier ascendant qui traverse le très beau Val Rosandra, face à une très jolie cascade et au dessus d'un surprenant torrent, en pleine zone karstique. Au hameau de Botazzo je refais le plein d'eau à une source et souffle un peu car le sac commence à peser lourd sur les épaules. Déja !
Je croise deux gardes forestiers et prends quelques renseignements sur la suite du trajet qui emprunte une ancienne voie ferrée construite sous l'empire Austro-Hongrois à la fin du 19ème siècle... tunnels, ponts, tranchées ouvertes et même gares créent ainsi un décor insolite ! Le ciel devient orageux et je me retrouve rapidement sous la pluie. Ca commence bien !
Je décide de suivre la piste aménagée sur cette ancienne voie ferrée. Le regard fixé sur la trace et pris par le rythme de la marche je pars trop à l'ouest et franchit la frontière slovène avant de retrouver une petite route qui traverse le hameau de NASIREC puis  me ramène vers KRVAVI-POTOK à proximité de la frontière avec l'Italie. Je commence à douter de la possibilité d'un hébergement et il est relativement tard quand je trouve enfin un hôtel à proximité d'une route nationale... en Italie. Grosse animation et beaucoup de monde dans cet hôtel dont le propriétaire a longtemps vécu en France ! J'attends longtemps la pizza commandée avant de pouvoir rejoindre la chambre et m'allonger enfin. La journée a été longue et fatiguante !
Ce soir première lessive. La VIA ALPINA est devenue une réalité et demain je poursuis en Slovénie... Pas d'émotion ou de sentiment particulier mais une grande détermination et une forte envie d'avancer et d'aller plus loin vers les collines et montagnes que l'on devine déjà au loin.

vendredi 10 juin 2011

R0
Dans le théâtre classique, cela s'appelle la scène d'introduction. Ici ce serait plutôt un préambule.
Le décor est planté et si les acteurs sont en place, le texte reste à écrire, au  mieux ils en connaissent le fil conducteur. Une certitude : il n'y aura ni répétitions ni souffleur ! Quant au décor... il évoluera sans cesse au fil des scènes et du temps mais ne laissera personne indifférent !
Alors... Action !
Je suis à Muggia sur la côte Adriatique, beau village bien marqué par les influences Vénitiennes avec ses rues piétonnes animées et le petit port encastré au milieu d'anciennes maisons et de vestiges probablement romains, le tout sous la surveillance bienveillante du château... Autrefois, cet endroit a dû être une belle calanque offrant abri aux voyageurs venus de la mer et un accès à la mer pour les habitants de l'arrière pays. Des pêcheurs préparent bateaux et filets... et je termine la préparation de mon sac car c'est de ce village que part l'itinéraire Rouge de la Via Alpina ! Nous sommes le 9 juin et l'endroit semble se préparer fébrilement à la prochaine saison. Je trouve un petit hôtel sympa au bord de l'eau et pizza... déjà !
Ce matin j'ai quitté LYON Saint EXUPERY. En un coup d'ailes et après un regard conquérant et quelque peu condescendant sur les Alpes que je survole, j'arrive à VENISE Marco POLO... aéroport de destination. Avec de tels parrains j'aurai forcément de la chance ! L'un a parcouru la route de la soie et l'autre, aussi grand aventurier, a écrit "La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle".
Je ne doute vraiment de rien ... !
C'est donc chaussures de marche aux pieds et sac de 14 kg sur le dos que je prends la navette de liaison vers la Gare de VENISE MESTRE... Destination TRIESTE où j'arrive en fin d'après midi. Une religieuse rejoint son monastère en SLOVENIE et me souhaite bonne chance pour cette traversée des Alpes... Un véhicule l'attend dès la sortie de la gare.
Je traverse une place arborée à la recherche d'un bus pour MUGGIA. Les tickets se prennent au distributeur et, bien évidemment, je n'ai pas de monnaie... Finalement c'est le départ. Je dois faire un peu bizarre avec cet énorme sac qui encombre l'allée du car et les chaussures de marche bien propres.
Arrivé à destination, j'essaie de me repérer et de prendre quelques marques en traversant la Piazza MARCONI. Petit tour sur le port et des ateliers de pécheurs, bière fraîche et toujours altitude ZERO.